’’Nos urgences et priorités sont nombreuses. Parmi elles, il y a des supériorités notamment la création d’emplois pour les jeunes et les femmes, mais aussi d’activités créatrices de revenus principalement pour les jeunes et les femmes’’. C’est sur ces notes que le président Sénégalais Macky Sall par ailleurs, président en exercice de l’Union Africaine a entamé son propos par rapport à cette initiative de l’institution financière pour lutter contre l’extrême pauvreté dans les pays les plus pauvres de la planète.
Le Sénégal et la Banque mondiale organisent cette réunion avec des dirigeants africains afin de mobiliser les pays du continent pour la mise en œuvre du programme de l’Association internationale de développement (IDA-20). La cérémonie d’ouverture du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement et la Banque mondiale sur l’IDA (Association internationale de développement) s’est déroulée à Dakar ce jeudi 7 juillet en présence des présidents Mouhamadou Buhari du Nigéria, Umaro Cissokho Embalo de la Guinée Bissau, de Georges Weah du Libéria, de Denis Sassou Nguesso du Congo, entre autres, ainsi que des responsables de la Banque Mondiale en l’occurrence le directeur général des opérations de la Banque mondiale.

S’exprimant au sujet des jeunes et des femmes, Macky Sall a relevé que cette frange de la population constitue le segment majoritaire de la population africaine. Il a souligné que l’investissement et la formation qualifiante aux métiers ont fait comprendre aux autorités qu’il faut ’’changer les paradigmes en matière d’éducation en Afrique’’.
’’La population est jeune et nombreuse. Ce qui veut dire que son arrivée sur le marché se fait à une cadence insoutenable pour les États. Il fallait donc trouver des canaux dérivés afin d’absorber une bonne partie dans les formations qualifiantes et professionnelles’’, a soutenu le chef de l’Etat.
Selon le chef de l’Etat du Sénégal, c’est cette démarche qui va leur ouvrir les portes à l’emploi, a estimé Macky Sall, soulignant qu’il faut créer les conditions de l’employabilité et non pas rester dans les schémas traditionnels postindépendances où des élites sont formées dans la théorie, mais ne savent pas faire grand-chose dans la pratique.
Selon lui, ce changement de paradigmes est très important pour l’éducation en Afrique (…)
Le Sénégal et la Banque mondiale organisent cette réunion de haut niveau avec des dirigeants africains afin de mobiliser les pays du continent pour la mise en œuvre du programme de l’Association internationale de développement (IDA-20).
Un communiqué de presse rappelle que les chefs d’État africains avaient déjà pleinement soutenu les priorités et l’enveloppe financière d’IDA-20, l’année dernière, lors d’un sommet similaire tenu à Abidjan.
Le cycle de l’IDA-20 couvre la période allant du 1er juillet 2022 au 30 juin 2025.
A Dakar, les dirigeants et responsables de la mise en œuvre des projets seront invités à ’’exploiter pleinement’’ le programme de l’IDA-20, en s’appuyant sur l’expertise de la Banque mondiale et de sa présence dans les pays, ’’dans le but d’obtenir des résultats durables au bénéfice des populations africaines’’.
La réunion ’’sera l’occasion de conforter la position de la Banque mondiale, et en particulier de l’IDA, au cœur des efforts déployés par la région pour gérer et surmonter les multiples crises auxquelles elle doit faire face’’.
’’Les chefs d’État confirmeront leur engagement en faveur d’une reprise vigoureuse en Afrique et s’attacheront à cerner les projets prioritaires susceptibles d’apporter une transformation et d’assurer un +bond en avant+ du continent avec l’aide dédiée de l’IDA’’, confirme-la même source.
Selon le directeur général des opérations de la Banque mondiale, ‘’l’Afrique est la région qui compte le plus de pays (39 sur 74) bénéficiaires de l’IDA-20, dont le thème est +Mieux reconstruire après la crise : pour un avenir vert, résilient et inclusif+’’.
Ledit directeur Axel Van Trotsenburg signale que ’’les pays africains sont durement touchés par des crises mondiales à répétition (changements climatiques, pandémie de Covid-19, montée de l’insécurité, et plus récemment la crise en Ukraine)’’.
Selon lui, le Groupe de la Banque mondiale ’’se tient prêt à collaborer avec les gouvernements pour accompagner la mise en place de politiques visant à mieux reconstruire et à accélérer le développement et la transformation économique du continent’’.

Exploitation des ressources énergétiques du continent
Les pays africains doivent exploiter leurs ressources énergétiques afin d’assurer l’accès universel à l’électricité à des millions de personnes dans le cadre d’une ’’transition énergétique juste et équitable’’, a poursuivi-le président sénégalais.
’’Il faut une exploitation de nos ressources pour une transition énergétique juste et équitable afin d’assurer l’accès universel à l’électricité. Je rappelle qu’en Afrique, il y a 600 millions de personnes qui n’ont pas d’électricité’’, a-t-il déclaré.
Macky Sall s’est félicité de la décision de l’Union européenne d’accorder le label « vert » au gaz.
Il a également rappelé que les Africains sont engagés de manière très forte sur les énergies renouvelables, non sans relever que le renouvelable seul ’’ne peut assurer le développement d’un pays.
’’Il faut donc une énergie de base comme dans tous les pays du monde (….) Je souhaite que dans IDA 20 cette question de l’énergie soit très bien prise en compte, tout comme le développement des infrastructures, y compris celle numériques’’, a déclaré Macky Sall.
Ce Sommet qui a regroupé des dirigeants de plusieurs pays africains et d’institutions internationales a été marqué et interrompu par une coupure d’électricité lors de la prise de parole du Directeur des Opérations de la Banque mondiale axé sur le financement de la relance et de la transformation économique en Afrique. Très gêné et visiblement irrité, le Président Macky Sall a haussé le ton : « Je voudrais avant toute chose dire que cette coupure est un signe de contre-performance non acceptable par rapport à nos volontés d’émergence. Il y a quelque part, quelqu’un qui n’a pas fait son travail. Et en Afrique, on n’a pas la culture de la sanction, je trouve que cette action doit être sanctionnée », a averti Macky Sall, ajoutant que « cette situation est inadmissible et impardonnable, dans une rencontre d’une si haute».

