De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor
Au huitième (8ème) jour du procès de la tuerie de Boffa Bayotte du 6 janvier 2018 qui a endeuillé tout le pays avec le massacre de 14 exploitants forestiers dans la forêt du Bayotte Est, le journaliste René Capin Bassène a été entendu par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Ziguinchor. Selon l’un de ses avocats, Me Gomis, vu les charges retenues contre lui, il » encourt la prison à perpétuité »; cependant ses confrères et lui le défendront » corps et âme pour le tirer d’affaire ».
En effet, à en croire Me Henry Valentin Blaise Gomis, a tenu à préciser que » aujourd’hui, nous sommes à la recherche de la vérité, parce que ni moi, ni le procureur, ni la juridiction n’étaient là au moment des faits. Nous partons d’un dossier et de l’interrogatoire à la barre qui nous permet de mieux comprendre et de mieux cerner les tenants et aboutissants avant de faire nos plaidoiries. »
Pour lui, » depuis le début, on a interrogé tous les accusés qui sont en détention, les accusés qui ont bénéficié d’un non-lieu, les parties civiles et les témoins et donc la seule personne qui restait, c’était René Capin Bassène parce que c’est lui qu’on considère comme étant l’instigateur, le complice de toute cette tuerie et ces assassinats. Il est également poursuivi pour participation à une rébellion et pour avoir fait sortir illégalement une correspondance de la prison ».
Me Gomis a promis que » nous allons d’étudier et d’éplucher tous ces éléments puisque le président de la chambre va l’interroger ce jeudi 31 mars2022 nous allons poursuivre l’interrogatoire avec le procureur, les avocats des parties civiles et ensuite ce sera à nous les avocats d’interroger. Ce qui nous permettra de poser certaines questions que nous estimons fondamentales pour essayer de voir comment faire pour que notre client ne soit pas lourdement condamné voire pas du tout ».
Expliquant ces propos, Me Gomis a ajouté : »parce qu’aujourd’hui il encourt, je vous le dis, une peine de mort ; certes la peine de mort n’existe plus au Sénégal, elle est commuée à une peine de prison à perpétuité, donc il encourt une peine de prison à perpétuité c’est la raison pour laquelle nous restons concentrés puisque nous vous, dans cette concentration, trouver les moyens et la force de pouvoir le défendre. »
Me Henry Valentin Blaise Gomis a dit » avoué que moi, j’ai un grand challenge parce que je n’ai jamais été son avocat depuis le début de la procédure ; j’ai été commis d’office. C’est la raison pour laquelle, vraiment en toute conscience, je voudrais mettre toute mon âme et toutes mes forces pour défendre ce monsieur ».
» Un crime à punir »
Acceptant de s’adresser pour la première fois à la presse, les avocats des parties civiles, par la voix de Me Moustapha Mbaye, ont déclaré qu’il faudrait que ceux qui ont perpétré la tuerie du 6 janvier 2018 dans la forêt du Bayotte Est, soient punis par les juridictions compétentes.
Pour Me Mbaye, » il est normal que l’État du Sénégal qui a fait en sorte que les prévenus ne puissent pas être condamnés sans une bonne défense, veille aussi à ce que les victimes soient défendues, c’est la raison de ma présence Ici depuis 10 jours. Les victimes, ce sont les personnes décédées, leurs enfants, leurs épouses, leurs parents, les blessés graves avec comme conséquence des handicaps et certains ont même perdu la mémoire, soient défendus. Nous ferons tout notre possible pour leur assurer une meilleure défense. »
Pour lui, » vous n’êtes pas sans savoir que le crime a été commis dans des conditions d’une particulière barbarie : des gens qui cherchaient juste du bois dans la forêt ont été interceptés, regroupés, déshabillés, dépouillés de leurs biens, couchés et arrosés à la mitrailleuse. Il en est ressorti 14 morts. Même les animaux ne doivent pas être traités ainsi ! C’est une barbarie qu’on ne peut pas laissée impunie et il fallait que les personnes qui ont été victimes de ce crime soient assistées ».

