Au Sénégal, l’éventualité d’une candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de Organisation des Nations unies (ONU) suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile.
Plusieurs figures de l’opposition ainsi que des collectifs de victimes des manifestations réprimées sous son mandat critiquent vivement cette perspective. Ils reprochent à l’ex-chef de l’État sa gestion des troubles politiques survenus durant les dernières années de son pouvoir. Entre 2021 et 2024, des manifestations de l’opposition avaient été durement réprimées, faisant au moins 65 morts selon plusieurs rapports, principalement parmi les jeunes. Les autorités actuelles évoquent pour leur part un bilan dépassant les 80 victimes.
La controverse est également alimentée par des critiques liées à la gestion des finances publiques pendant son mandat. Une mission du Fonds monétaire international (FMI) a notamment évoqué des déclarations jugées inexactes concernant le niveau du déficit budgétaire et de la dette publique entre 2019 et 2023.
Selon les informations du journal Africa news, la candidature de Macky Sall aurait été proposée par le Burundi, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine. Toutefois, le gouvernement sénégalais a précisé qu’il n’était pas à l’origine de cette initiative.
Depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye en 2024, plusieurs enquêtes ont été ouvertes sur les violences survenues lors de la précédente administration. Dans ce contexte, la perspective de voir l’ancien dirigeant briguer la tête de l’ONU continue de diviser profondément l’opinion et la classe politique au Sénégal.
Genèse MOUKAHA

