La crise migratoire aux portes de l’Europe continue de faire des milliers de victimes. Selon un rapport publié par l’ONG Caminando Fronteras, plus de 3 000 personnes ont perdu la vie en 2025 en tentant de rejoindre le continent européen depuis l’Afrique, principalement par voie maritime.
Le document, qui recense 303 drames survenus jusqu’à la mi-décembre, met en lumière la dangerosité persistante des routes migratoires, malgré une baisse du nombre global de départs. Pour l’organisation, cette situation s’explique par le durcissement des politiques migratoires européennes, qui privilégient la surveillance et la dissuasion au détriment des opérations de sauvetage.
Parmi les itinéraires les plus meurtriers figure la route atlantique reliant la Mauritanie aux îles Canaries, où plus de 1 300 migrants auraient péri cette année. Plusieurs embarcations ont disparu sans laisser de traces, souvent après avoir pris la mer dans des conditions météorologiques extrêmes.
La route méditerranéenne occidentale, reliant notamment l’Algérie à l’Espagne, reste également très dangereuse. Elle concentre une part importante des naufrages, notamment vers les îles Baléares. Des dizaines d’embarcations ont sombré, entraînant la mort de plus d’un millier de personnes.
De nouvelles routes migratoires se dessinent également. Des départs ont été enregistrés depuis la Guinée, avec des traversées particulièrement longues et risquées, impliquant parfois des femmes et des enfants. La Gambie figure aussi parmi les points de départ marqués par une hausse des décès en mer.
Le détroit de Gibraltar n’est pas épargné. De nombreux migrants, parfois très jeunes, tentent de le traverser à la nage, souvent dans des conditions climatiques dangereuses, ce qui a causé de nombreux décès.
L’ONG dénonce enfin les politiques européennes d’externalisation des frontières, accusées de transformer certains pays africains en zones tampons. Des accords sécuritaires et financiers conclus avec des États comme la Mauritanie auraient renforcé les contrôles, sans garantir la protection des migrants. Des centres de détention soutenus par des financements européens sont également pointés du doigt pour des atteintes aux droits humains.
L’agence de presse africaine souligne que face à cette situation, Caminando Fronteras appelle à une révision urgente des politiques migratoires et à la mise en place de voies de migration sûres et légales afin d’éviter de nouvelles tragédies.
Genèse MOUKAHA

