Le Premier ministre soudanais Kamel Idris a effectué ce week-end une visite remarquée dans la capitale Khartoum, gravement endommagée par plus de deux années de guerre. C’est la première fois qu’il foule le sol de la ville depuis sa nomination en mai dernier. Il a affirmé avec détermination que Khartoum serait reconstruite et redeviendrait une capitale forte, au cœur d’un pays rassemblé.
Lors de son déplacement, il a visité plusieurs zones symboliques, dont l’aéroport international et des quartiers militaires lourdement affectés par les combats. Il a aussi inspecté la raffinerie stratégique d’al-Jaili, autrefois capable de traiter jusqu’à 100 000 barils de pétrole par jour, mais aujourd’hui en ruines. Selon les estimations officielles, sa réhabilitation pourrait coûter plus de 1,3 milliard de dollars.
Le chef du gouvernement a également souligné l’urgence de plusieurs chantiers prioritaires : la neutralisation d’engins explosifs non encore désamorcés, la gestion des corps abandonnés dans les rues, et la relance des services administratifs. Un plan de retour progressif des institutions étatiques est à l’étude pour que Khartoum puisse, à terme, redevenir le centre politique et économique du pays.
Diplomate de carrière et ancien responsable aux Nations Unies, Kamel Idris a été choisi par le général Abdel Fattah al-Burhan pour diriger un “gouvernement de l’espoir”, dans une tentative de restaurer l’unité nationale.
Le Soudan est plongé dans une guerre civile depuis avril 2023, opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide. Le conflit a déjà causé des dizaines de milliers de morts et forcé près de 4 millions de personnes à quitter Khartoum. Plus largement, on estime que 25 millions de Soudanais sont aujourd’hui confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, tandis que plus de 10 millions ont été déplacés à l’intérieur ou hors du pays.
Malgré les affrontements persistants dans des régions comme le Kordofan et le Darfour, les autorités soudanaises affirment vouloir faire de la reconstruction de Khartoum le point de départ d’un retour progressif à la paix et à la stabilité.

