La Cour pénale internationale (CPI) tire la sonnette d’alarme face à une possible détérioration de la situation humanitaire au Soudan, en particulier dans la région du Darfour, où les violences persistent malgré les efforts internationaux.
Dans un rapport présenté jeudi 11 juillet au Conseil de sécurité de l’ONU, le procureur de la CPI, Karim Khan, a évoqué des « allégations crédibles » de crimes graves, notamment des massacres, des viols et des déplacements forcés. Il a affirmé que la situation actuelle pourrait être « l’une des pires que le Darfour ait connues depuis 2003 ».
Le conflit opposant l’armée régulière soudanaise aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a fait des milliers de morts et des millions de déplacés depuis avril 2023. Le procureur a notamment souligné que les violences à El-Geneina, dans l’État du Darfour-Ouest, pourraient constituer des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre.
Selon Africanews, Karim Khan a dénoncé l’inaction des autorités soudanaises dans la coopération avec la CPI, malgré l’obligation de collaboration découlant du statut de Rome. Il a également appelé la communauté internationale à ne pas détourner le regard et à redoubler d’efforts pour faire respecter le droit international humanitaire.
Alors que les civils continuent de fuir les zones de combats, les agences humanitaires sont confrontées à d’énormes difficultés d’accès et à un manque criant de ressources. La CPI a renouvelé son engagement à poursuivre les enquêtes, tout en réclamant un soutien renforcé de la part du Conseil de sécurité pour faire avancer la justice au Soudan.
Genèse MOUKAHA

