Après Las Palmas aux Canaries, en septembre 2022, c’est à Dakar, au Sénégal, que les dirigeants du Mouvement sahraoui pour la paix (MSP), ont tenu à organiser leur deuxième Conférence internationale pour le dialogue et la paix. Un événement qui se tient vendredi 27 et samedi 28 octobre et destiné à promouvoir une solution pacifique et négociée au problème du Sahara occidental actuellement sous contrôle marocain, mais que revendique le front Polisario fortement soutenu par l’Algérie voisine. Un dossier que l’ONU peine à résoudre comme en atteste l’impasse dans laquelle se trouve sa mission en charge de ce dossier, Minurso, depuis sa création en 1991.

Comme l’année dernière sur la grande île canarienne, le MSP qu’animent d’anciens dirigeants de front Polisario désormais convertis à la recherche d’une solution pacifique et négociée, a convié dans la capitale sénégalaise plusieurs personnalités diplomatiques et politiques influentes, ainsi qu’un grand nombre d’acteurs civils et de notables traditionnels.
Parmi eux, Domitien NDAYIZEYE, ancien président du Burundi, et actuellement membre du Conseil des Sages de l’Union africaine (UA), Jose Bono Martinez, ancien ministre de la Défense espagnole, Miguel Ángel Rodriguez Mackay, ancien chef de la diplomatie du Pérou, Adalberto Carlos Agozino, politologue et Président de l’Institut Argentin des Études Stratégiques, etc…
Faute de pouvoir faire le déplacement à Dakar, Rodriguez Zapatero et Miguel Angel Moratinos, respectivement ancien chef du gouvernement et ex ministre des Affaires étrangères espagnols, ont tenu à participer par vidéoconférence à cette rencontre.

Auteur d’une intervention très applaudie, l’ex président du Congrès (chambre des députés) et ancien ministre de la défense espagnol, José Bono a défendu l’esprit de la rencontre qu’organise le MSP, estimant que « le Sahara a besoin d’une solution et le Polisario doit négocier. L’Espagne qui a une longue expérience en autonomie doit y aider », a-t-il plaidé en référence au plan marocain de règlement de l’affaire du Sahara occidental qui propose une autonomie sous souveraineté marocaine de l’ancienne colonie espagnole.
« Le Polisario a expérimenté la lutte armée. En près de cinquante ans après, cette option n’a pas donné de résultats. Il faudrait donc qu’il songe à changer de voie. C’est l’esprit de notre démarche au sein du MSP. Nous sommes convaincus que la solution militaire est définitivement vouée à l’échec et que seule une solution négociée peut aider à clore cette affaire qui n’a que trop duré », défend le patron du MSP, lhaj Ahmed Barikalla, lui-même ancien ministre et plusieurs fois ambassadeur du Front Polisario. Comme l’Espagnol, José Bono, lui aussi estime que « le plan marocain d’autonomie proposé aux sahraouis est une excellente base à partir de laquelle une solution négociée peut être trouvée ».

L’édition dakaroise de la conférence du MSP est organisée conjointement avec le think tank sénégalais, Centre africain d’intelligence stratégique pour la paix (CISPAIX).

