Les relations entre pays voisins sont conditionnées par des facteurs géopolitiques structurels. Les rapports entre le Sénégal et la Guinée n’échappent pas à cette règle. Et depuis quelques temps, les relations entre les deux pays voisins battent de l’aile et ce fait a sans doute pesé sur la décision de Conakry de suspendre sa participation à l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).
La junte au pouvoir en Guinée a annoncé, mardi 18 juillet au soir, la suspension de sa participation à l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui « ne prend pas en compte ses intérêts stratégiques ». L’OMVS, créée en 1972, est formée de la Guinée, du Sénégal, du Mali et de la Mauritanie. Elle a depuis mis en œuvre plusieurs projets hydro-agricoles et électriques dans ces pays ayant en partage le fleuve Sénégal, qui prend sa source en territoire guinéen.
Entre les deux pays c’est une relation complexe depuis quelques temps. Et cela date. En effet entre l’ex président déchu Alpha Condé et Macky Sall ce n’était pas le grand amour même si les deux s’employaient à donner bonne impression car les deux pays sont liées par des relations fraternelles conditionnées par des facteurs structurels, de nature politique, géographique ou culturelle.
Mais depuis l’expulsion de ressortissants en début juin avec les évènements de juin liés à l’affaire Ousmane Sonko, les relations se sont un tout petit tendues. A Conakry des voix autorisées ont reproché à Dakar d’avoir « torturés des ressortissants lors de leur expulsion. » Aucun commentaire du côté des autorités sénégalaises.
Conakry évoque la non prise en compte de ses intérêts par l’Omvs
La Guinée déplore « le retard considérable dans le financement du barrage hydroélectrique de Koukoutamba, dans la sous-préfecture de Tougué, région de Labé » (nord). Elle note aussi « sa sous-représentativité au sein des instances de décision de l’OMVS », dont le siège est à Dakar. Conakry affirme avoir été « en première ligne dans la création et la défense de plusieurs organisations régionales » depuis son indépendance de la France en 1958. En conséquence, « elle tient à être respectée dans les organisations auxquelles elle appartient », poursuit le communiqué.
Selon les autorités guinéennes de transition, le financement du projet a pris un retard considérable, alors qu’un contrat de 812 millions de dollars a été signé début 2019 à Conakry entre l’OMVS et l’entreprise chinoise de Sinohydro pour l’aménagement de cet ouvrage.
En effet, le barrage de Koukoutamba est un projet essentiel pour le développement du pays : une puissance évaluée à 294 mégawatts, deux lignes de transport d’électricité à haute tension pour fournir une énergie propre à la Guinée et à son voisin malien.
Une infrastructure ambitieuse censée être le plus grand des ouvrages déjà réalisés par l’OMVS. La présidence guinéenne regrette également que son pays soit sous-représenté dans les instances de décision de l’organisation.
La Mauritanie assure actuellement le haut commissariat de l’organisation avec Mohammed Ould Abdel Vettah à sa tête.
La Guinée est devenue le quatrième pays membre de l’OMVS en 2006. Le pays est dirigé depuis 2021 par une junte qui a pris le pouvoir à la faveur d’un putsch.


