La tension ne cesse de monter à l’approche des élections générales prévues ce samedi 25 février.
À quelques heures des élections générales du 25 février courant, Oyibo Chukwu, candidat aux sénatoriales du Parti travailliste (Labour Party) dans le district sénatorial d’Enugu Est, a été tué mercredi, a indiqué jeudi, Peter Obi, leader du Parti travailliste et candidat à la présidentielle de samedi.
« M. Chukwu a été tué mercredi soir à Enugu alors qu’il rentrait d’un meeting politique. Des hommes armés certainement des opposants de notre parti, ont attaqué sa voiture, l’ont tué avec les cinq autres personnes qui l’accompagnaient. Les assaillants ont plus tard incendié la voiture ainsi que les personnes qui s’y trouvaient. C’est regrettable ! La politique ne devrait pas être un jeu dangereux », a regretté Obi.
Ce meurtre a été aussi confirmé à l’Agence turque Anadolu par Chijioke Edeoga, candidat du Parti travailliste au poste du gouverneur d’Enugu qui estime que leur formation politique est la cible de leurs concurrents politiques.
« Les sympathisants de notre parti sont la cible d’assassinats de la part de partis politiques adverses qui se sont sentis menacés par la montée en puissance du Parti travailliste dans l’État d’Enugu et qui ont peur de perdre les élections de samedi », a expliqué Edeoga.
Au Nigeria, près de 94 millions d’électeurs sont appelés à se rendre aux urnes samedi pour des élections générales (présidentielle, législatives, sénatoriales) dans un contexte économique et sécuritaire très difficile.
Selon les sondages d’opinion publiés par la presse locale, sur les 18 candidats à la présidentielle, deux candidats partent favoris : Bola Ahmed Tinubu, candidat du parti majoritaire Congrès All Progressives (APC) et Atiku Abubakar, candidat du Parti démocratique populaire (PDP).
L’élection présidentielle prévue fin février au Nigeria pourrait être annulée ou reportée si le niveau actuel d’insécurité persiste dans le pays, a prévenu lundi 9 janvier la commission électorale (Inec).
Les Nigérians doivent désigner le 25 février le successeur du président Muhammadu Buhari, ancien général qui ne se représente pas après deux mandats qui n’ont pas permis de juguler les graves problèmes sécuritaires qui minent le pays (violente insurrection djihadiste dans le nord-est, tensions séparatistes au sud, criminalité en hausse dans le nord-ouest et le centre).
« Si on ne parvient pas à surveiller et faire baisser l’insécurité, cela pourrait déboucher sur l’annulation et/ou le report des élections dans assez de circonscriptions pour empêcher la proclamation des résultats », a déclaré Abdullahi Abdu Zuru, l’un des responsables de l’Inec, lors d’une rencontre à Abuja. Ce scénario pourrait alors « provoquer une crise constitutionnelle », d’où la nécessité de l’éviter à tout prix, a-t-il estimé.

