De Abdoulaye Faye, correspondant de Teranganews à Diourbel
Après trois échecs de ses tentatives de partir en Espagne, Thillé Diallo décide définitivement de rentrer au bercail, Diourbel sa région natale. Depuis elle refait sa vie regarde vers l’avenir, elle ne garde aucun regrets de ses aventures ratées mieux elle témoigne aujourd’hui pour sensibiliser et alerter sur les dangers de l’émigration irrégulière. Finalement, on ressort aussi plus fort de ce genre d’épreuves.
Avec le succès du slogan «Barcelone ou la mort», «Barça ou barsar» («l’au-delà», en langue wolof). La devise est la réponse au renforcement des contrôles exercés par l’Espagne et le Maroc sur leurs côtes atlantiques et méditerranéennes. Du coup, les pirogues partent de plus en plus au sud, de Mauritanie et désormais du Sénégal, quitte à affronter encore plus de risques. Et, Thillé Diallo a surfé sur les vagues pour tenter le coup vers l’Espagne. Des tentatives sanctionnées d’échecs à trois reprises…Teranganews s’est entretenue avec Thillé qui revient son parcours périlleux…
Agée de 43 ans aujourd’hui, Thillé DIALLO, femme mariée, est une migrante de retour. En 1997, elle quitte son Baol pour aller passer des vacances en Mauritanie auprès de sa famille paternelle établie en Mauritanie. Elle finit de s’installer définitivement en Mauritanie et s’active dans la coiffure.
Après quelques années passées en Mauritanie, la native de Diourbel tente la traversée pour rejoindre l’Espagne.
« Moi, je suis parti d’ici (Diourbel) en 1997 pour passer les vacances à Mauritanie afin de rendre visite les membres de ma famille paternelle. Quand j’y suis arrivée (à Mauritanie), à cette époque, j’avais ouvert là-bas un salon de coiffure par la grâce de Dieu. Quelques temps après avoir installé vers le début de l’année 2001, je m’étais marié là-bas. J’ai vécu 24 ans à Mauritanie. La Mauritanie est un pays où il est facile de travailler si tu es armé de courage et de patience. Ce qui m’a plus marqué là-bas c’est quand je voyais des gens migrants qui réussissaient à traverser la mer pour aller en Europe notamment en Espagne). C’est par là que j’avais voulu les rejoindre », raconte-t-elle.
Mère de sept (7) enfants dont deux (02) jumelles, Thillé DIALLO a tenté à trois reprises d’emprunter la voie maritime à bord d’une pirogue pour trouver le chemin de la réussite en Espagne (Europe).

2010, la première tentative fut un échec mais…
Thillé DIALLO a décidé pour la première fois d’emprunter la mer en 2010 pour rallier l’Espagne après avoir épargné de l’argent fruit de son travail de coiffeuse. « Ce voyage n’a pas duré longtemps parce qu’on s’est arrêté à Nouadhibou (Mauritanie) mais c’était un voyage fatigant et c’était dure. Ce qu’on avait vécu lors de ce premier voyage c’est parce que la pirogue était pleine. On n’avait même pas encore pris le chemin et les personnes à bord commençaient à sentir de la maladie et du stress. Ce qui te fait croire qu’effectuer ce voyage ce n’est pas seulement le courage mais il y a d’autre chose. Ce qui m’a fait plus mal, c’est qu’on n’est pas allé très loin. Tout le monde sait que la distance qui sépare Nouakchott et Nouadhibou ce n’est rien. La pirogue avait rencontré des problèmes au gré des vagues. C’est par là qu’on a décidé d’annuler le voyage parce que si on avait poursuivi ce voyage on pourrait tous mourir. On était plus d’une centaine de personnes à bord lors de ce voyage », a fait savoir la migrante de retour.
2016, l’année de la désillusion
Six ans parès la première tentative qui a échoué, la brave dame tente à nouveau toujours par la mer pour rejoindre l’Espagne.
Les Iles Canaries et notre rencontre avec l’OIM
« en 2016, lors de ma seconde tentative, j’avais fait le même trajet, mais c’était mieux parce qu’on savait comment faire pour effectuer ce voyage. On a vécu des moments de tristesse sur ce voyage parce qu’il y avait des morts durant le trajet à cause des maladies cardiovasculaires et du stress parce qu’on voyait n’importe quoi dans la mer. On était arrivé jusqu’à destination en Espagne (Îles Canaries). Quand nous étions arrivés à destination, On ne pouvait pas rentrer dans le pays parce qu’il nous allait refouler du sol espagnol et c’est par là qu’on avait rencontré l’Organisation international pour les migrations pour nous accompagner dans notre retour au pays. ».
En effet, malgré ses deux premiers voyages avortés, Mme Diallo n’a pas renoncé à son vœu de partir en Europe. Malgré les deux échecs elle retente le coup : « La même année j’ai tenté encore pour la troisième fois de faire ce voyage parce que je ne voyais rien d’autre que de partir. C’est par là que j’avais décidé de renoncer définitivement de l’émigration. Quand l’Organisation international pour les migrations a voulu me rapatrier vers le Sénégal, je leur avais dit que je ne peux pas retourner au pays parce que j’ai ma famille en Mauritanie. Et on m’a demandé est-ce que voulais rentrer avec ma famille ? Je leur avais répondu oui que j’ai décidé de retourner au Sénégal avec mes enfants ».
Après des échecs répétés pour rejoindre l’Europe, cette mère de sept enfants qui a presque mis toutes ses économies pour être parmi les candidats au voyage périlleux, a définitivement tourné la page avec l’accompagnement de l’OIM. Rentrée depuis 2020 dans sa Diourbel natale, Thillé Diallo refait sa vie et s’active depuis dans le commerce.

