De Abdoulaye Diallo, correspondant de Teranganews à Kaolack
Le véritable chef de gang qui avait fini de semer la terreur chez les conducteurs de moto taxis, Mamadou Kâ a vu, hier, son sort scellé par une lourde sentence prononcée au tribunal d’instance de Kaolack au terme de son procès. Aux côtés de quelques uns de ses victimes, dans une salle bondée de monde, le film de ses manœuvres criminelles a été projetté le long des débats d’audience.
Déjà, le 4 mars dernier, la nouvelle de son arrestation s’était répandue comme une traînée de poudre dans le Saloum. La grande salle du tribunal de Kaolack a été prise d’assaut par une foule, hier mercredi, lors de son procès.
Le prévenu Mamadou Kâ réputé chef de gang et délinquant notoire, est jugé suite à une série d’agressions sur plusieurs Jakartamen.
Devant ses trois dernières victimes, le mode opératoire de la bande à Mamadou Kâ est passé au crible par le juge, feuilletant le procès verbal dressé par les gendarmes-enquêteurs. Il y ressort que le gang, jadis activement recherché par les forces de l’ordre, avait créé une psychose chez les conducteurs de moto taxis. Armés de machettes, il opéraient nuitamment, ciblant les jakartaman qui s’activaient jusque tard dans la nuit.
Savamment théorisé par Mamadou Kâ, la manœuvre consistait à envoyer un membre du gang solliciter les services d’un jakartaman. Et comme aux yeux du jakartaman, le client malfrat, sans marchander sur le prix du trajet, propose de casquer fort une fois arrivé à destination. Pendant ce temps, les autres membres de la bande, en parfaite connaissance de l’endroit indiqué, se terrent sur les lieux, loins des indiscrétions, en attente de leur proie.
C’est seulement au moment de se garer, que le conducteur, verra des acolytes de son clients surgir de toute part.
Sous le coupe des machettes, la cible du jour se voit sauvagement agressée, l’engin chipé et dépouillée de son argent. Puis devenus aguerris dans cette pratique de gain facile, Mamadou et ses multiplient leurs sorties nocturnes. Plusieurs jakartamen qui ont croisé le chemin de la bande armée, porteront plainte contre X au niveau de la brigade de la gendarmerie. Mais en vain.
Dans la foulée de ces signalements, les agissements du gang s’intensifient.
Ainsi, le 14 février denier, au cours d’une énième incursion de la bande, Omar Diakhoumpa est stoppé par Mamadou Kâ. Trouvant son client suspect, il prend le soin de dévisager son client avant de le conduire au lieu indiqué. Sur place, le jakartaman qui n’échappe pas à la règle de la bande, est lui aussi bastionné avant d’être dépouillé de ses biens. Seulement, après avoir opposé une farouche résistance à ses bourreaux, Omar Diakhoumpa trouve le moyen de suivre les traces de son client jusqu’à localiser sa planque avant d’alerter les pandores.
Arrêté le 04 mars dernier, Mamadou Kâ a comparu hier en l’absence des autres membres du gang qui se sont tous évaporés dans la nature.
Devant la barre, le prévenu qui peinait à contester les faits, s’est vu charger à tour de rôle par ses victimes jakartamen. Prenant la parole, le maître des poursuites a requis une peine de 5 ans d’emprisonnement fermes son encontre.
Quant au juge, relevant des actes criminels dans les agissements du gang, il a corsé la sentence à une peine de 10 ans de prison.

