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Ziguinchor – Violences politiques  : Après les cinq blessés enregistrés, trois versions inconciliables

De Youssouf DIMMA correspondant de Teranganews à Ziguinchor

Après les violences politiques notées dans la région de Ziguinchor, ponctuées, lundi 11 octobre 2021, par de sanglants affrontements entre des militants du parti PASTEF/Les patriotes d’Ousmane Sonko qui a enregistrés 5 blessés, et ceux se réclamant de Doudou Ka DG de AIBD S.A, les belligérants ont fait face à la presse ce mardi 12 octobre 2021, pour donner sa version des faits. Les commerçants, au siège desquels les incidents ont éclaté, ont eux rendu public un communiqué, tard dans la nuit, afin de livrer leur propre version tout en se démarquant des déclarations et positions des deux camps adversaires.

C’est Ousmane Sonko, le premier, est monté au créneau, en début d’après-midi, “en se faisant violence”, selon lui, puisqu’il n’avait pas prévu d’organiser une conférence de presse pendant son séjour dans le sud du pays.

Pour lui, il avait juste décidé de “rencontrer la corporation des journalistes et communicants comme toutes les autres” qu’il a rencontrées. Ce sont alors les violents affrontements du lundi qui l’ont amené à changé son programme.

Ainsi, a-t-il déclaré, “des gens ont tenté de gâcher notre visite de rencontre avec des autorités de tous bord, tous les acteurs de toutes les professions, des chefs de quartiers, des leaders de l’opposition, etc.”

Comme on pouvait s’y attendre, le leader du PASTEF/Les Patriotes a confirmé les déclarations spontanées des responsables de cette formation de l’opposition, faisant état de 5 blessés dans leur camp après avoir essuyé des jets de pierres et une attaque aux couteaux de la part des partisans de Doudou Ka, qui est “personnellement intervenu en amenant des dans son propres véhicule”.

Ousmane Sonko a que pourtant, il ne connaissait pas où habitait Doudou Ka : “cela ne m’a jamais intéressé”.

Il a déclaré n’avoir de sens interdit nulle part au Sénégal : “Je vais partout au Sénégal. Mieux, chaque jour je passe devant le domicile de Macky Sall à la fenêtre Mermoz, et il ne peut pas me l’interdire ni à aucun Sénégalais’.

Sur l’attitude de la police nationale lors des affrontements en question, Ousmane Sonko a déploré les fait que celle-ci ne fût pas intervenue au moins en s’entreposant entre les belligérants. Il a même fustigé le fait qu’il n’y ait eu de “deux policiers dans le pick-up envoyé plus d’une heure de temps après l’appel des commerçants” à la rescousse.

Ainsi, selon lui, “n’eût été le sang froid et le professionnalisme de ma sécurité, le pire aurait été vécu, mort d’homme aurait pu s’ensuivre. S’il y avait eu le pire, la police aurait été en partie responsable. Je considère la police sénégalaise complice de cette situation”.

A l’en croire, “nos militants n’ont jamais attaqué, ils ont toujours été victimes d’attaques, de blessures, de mort, d’emprisonnement, etc, la violence vient toujours de l’autre camp. Nous dépensons chaque année au moins deux (02) millions de FCFA rien que pour la prise en charge de nos blessés dont certains sont très graves. Je continue à lancer un appel à la justice sénégalaise.. Mon avocat a voulu intenter une action en justice, j’ai dit que c’était pas la peine car je ne crois plus à la justice de ce pays”.

M. Sonko en a appelé aux “chefs religieux et traditionnels du pays, à commencer par ceux de la Casamance pour qu’ils interviennent afin de calmer la situation en parlant” au camp d’en face avant qu’il ne soit trop tard. En effet, a-t-il prévenu, “ce qui s’est passé ne le sera plus, car celui qui le fera, voudra venir à Ziguinchor et ne le pourra pas, d’ailleurs, s’attaquer à moi et au Pastef à Ziguinchor, relève du suicide”.

Ousmane Sonko a montré les blessés de son camp aux journalistes pour en donner “la preuve”.

Doudou Ka, ayant fait face à la presse dans la soirée du mardi, jusque vers les coups de 21 heures 30 minutes, a livré sa version des faits, évidemment différente de celle d’Ousmane Sonko.

Balayant d’un revers de la main toutes les accusations de ce dernier à son encontre, le directeur général de AIBD S.A. a déclaré que c’était “faux” de dire que le convoi du leader du Pastef “passait de mon domicile”. Pour lui, “Ousmane Sonko était venu bloquer la devanture de ma maison familiale avec ses véhicules et ses gardes corps sans m’en prévenir au moins en m’appelant comme le ferait un bon homme d’Etat. Il avait même prémédité son acte”.

A l’en croire, faisant allusion à Ousmane Sonko, ” il n’est pas un homme de paix ! Non, il a fait 14 morts au moins de mars dernier, dès qu’il met les pieds dans notre région, son séjour a était émaillé de violences en tous genres. Pis encore, il a menacé de mort un jeune de Yeumbeul venu soutenir son leader ignorant que je dirige un mouvement national qui a des militants partout y compris dans la diaspora, ils sont libres de soutenir leurs leaders partout sur le territoire national”.

Doudou Ka a omis de faire cas de la sécurité devant être assurée par la police. Il ne s’est pas non prononcé sur les cas de blessés évoqués par l’un de ces porte-paroles, le fait que des militants de son mouvement ait été “envoyés à l’hôpital”. Il n’a pas non plus évoqué les commerçants qu’Ousmane Sonko a rencontré à leur siège, situé en face de son domicile familial. En revanche, il a pris le contre-pied du leader du Pastef, disant que celui-ci était “demandeur” pour venir sur les lieux.

Concluant que “la ville de Ziguinchor” n’avait pas besoin “d’homme politique violent même s’il est de grande envergure, elle a besoin d’un bâtisseur”.

Pour leur part, les commerçants hôtes d’Ousmane Sonko, ont rendu public tard dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13 octobre 2021, un communiqué de presse.

Ces commerçants avaient promis d’organiser une conférence de presse juste après celle de Doudou Ka, mais, “pour des raisons de sécurité”, ils ont préféré rédiger un communiqué de presse afin de donner leur version des faits et leur position.

Signé Manoumbé Seck, le président de l’Union Nationale des Commerçants, Opérateurs et Investisseurs du Sénégal (UNACOIS) Yeessal de Ziguinchor, le communiqué indique de cette organisation regrettait les incidents du lundi 11 octobre survenus à son siège du quartier Boucotte.

Le président de l’UNACOIS Yeessal a écrit : “nous tenons à préciser que cette rencontre avec le président Ousmane Sonko n’avait rien de politique car notre structure reste apolitique et notre échange portait sur sur des aspects purement économiques.”

Pour les commerçants, “la violence que nous avons observée, occasionnant des blessés de tous bords, n’avait ni motif ni mobile raisonnables. l’UNACOIS tient à condamner vigoureusement ce recours à la violence qui n’honore aucunement notre démocratie”.

Dans ce document, les commerçants de lancer un appel : “nous saisissons cette occasion pour lancer un appel au calme, à la retenue et exigeons plus de sérénité de la part des acteurs non sans oublier de préciser que la Casamance continue de souffrir à cause de la crise qui n’a pas encore trouvé une solution définitive”.

Hier soir, les convois de Doudou Ka et d’Ousmane Sonko ont failli en venir aux mains au quartier Boucotte-Ouest, sur l’avenue Emile Badiane. Les dizaines de policiers mobilisés, se sont interposés entre les deux convois.

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Khadim FALL