De Abdoulaye Faye, correspondant de Téranganews à Diourbel
L’adjoint gouverneur en charge des affaires administratives de la région de Diourbel Baboucar Mboundor Ngom a présidé mercredi 8 janvier 2020 un comité régional de développement (CRD) sur le bilan du nombre de décès maternels et néonatals du premier semestre de l’année 2019 dans la région de Diourbel.
En présence de tous les acteurs de la santé de la région de Diourbel, lors du CRD sur la santé maternelle et néonatale de ce mercredi 8 janvier 2020 présidé par l’adjoint gouverneur en charge des affaires administratives Baboucar Mboundor Ngom, la région médicale a tenu à présenter le rapport du premier semestre de l’année 2019 sur le nombre de décès maternels et néonatals aux acteurs de la santé. L’objectif général de l’organisation de ce comité régional de développement (CRD), vise à développer un cadre multi-sectoriel fonctionnel pour impulser les actions visant à éliminer les décès maternels évitables.
Au sortir de cette rencontre, Diourbel a enregistré une baisse du taux de mortalité maternel du premier semestre de l’année 2019 comparé aux trois années d’avant. Selon la coordinatrice en santé de la reproduction de la région médicale de Diourbel Mme Sène Adjaratou Fatou Ndiaye, « la région de Diourbel a enregistré 115 décès maternels en 2016, 80 décès maternels en 2017, 74 décès maternels en 2018 et 34 décès maternels pour le premier semestre 2019 au niveau des structures sanitaires ».
Diourbel est la cinquième région la plus touché. « La région médicale de Diourbel occupait la première place concernant les décès néonatals par rapports à l’enquête démographique de santé. Mais actuellement, la région de Diourbel occupe la cinquième place derrière les régions de Kaolack, Saint-Louis, Matam et Sédhiou. Nous occupons à la cinquième place par rapport à la mortalité néonatale qui fait 31 pour 1000 naissances vivante », déclare Mme Sène Adjaratou Fatou Ndiaye. Le principale cause de ce fléau est le manque de capacitation des acteurs des structures sanitaires. « Un échantillonnage a été fait au niveau de l’EPS Fawzeyni avec dix (10) néonatals audités, mais la plupart du temps nous avons comme cause la prématurité. Et s’est en lien direct avec la première cause de la mortalité maternelle qui est l’hypertension artériel et ses complications », affirme la coordinatrice en santé de la reproduction de la région médicale de Diourbel.
Les techniciens sanitaires ont fait un diagnostic sans complaisance de la situation de la mortalité néonatale dans la région. Lors du CRD, le gynécologue de formation et responsable de la maternité de l’hôpital régional Heinrich Lubcke de Diourbel, docteur Malick Gueye est revenu sur la cause des décès liée à l’hypertension artérielle, aux hémorragies et aux intrants des produits sanguins qui manque. « Le problème qui se pose dans la région de Diourbel, notamment à l’hôpital Heinrich Lubcke de Diourbel, c’est la disponibilité des produits sanguins et de ses dérivés. Je veux dire par là, par exemple, sur les dix (10) décès qu’on a eu à avoir, les neuf (9) sont des complications de l’hypertension artérielle. Dû au help syndrome, c’est-à-dire il y a un problème de plaquette. Les plaquettes sont auto-consommées. Et quand on parle du help syndrome, le problème c’est d’avoir des dérivés du sang. Notamment, des produits du sang globulaire. Mais malheureusement, on ne l’a pas dans notre région », déclare docteur Malick Gueye.
L’insuffisance d’équipement sanitaire dans les structures de santé a été aussi souligné. « Par rapport à la carte sanitaire, il y a un déficit par rapport aux centres de santé, aux postes de santé mais aussi au bloc SOU », signale Mme Sène.
Pour juguler le phénomène, la région médicale de Diourbel a élaboré des recommandations. « C’est juste l’élaboration des recommandations, mais aussi la mise en œuvre de ses recommandations, tantôt pour le niveau central, pour le niveau régional, mais aussi au niveau des districts et particulièrement au niveau des points de prestations des services de santé », d’après la coordinatrice en santé de reproduction de la région médicale de Diourbel.
La question sur la formation du personnel, qui fait partir des causes de la mortalité maternelle, est également évoquée. Selon Mme Sène « Le personnel a eu une formation de base au niveau des écoles de formation, mais il y a cette formation qui est continue et qui se fait avec l’appui des partenaires comme l’UNICEF et l’USAID Néma. Donc, nous avons des partenaires qui nous appuient dans la formation continue du personnel de santé ».
Il faut noter dans la région de Diourbel, d’après le bilan, 64.872 femmes enceintes sont attendus dont 9.798 femmes portent des grossesses à risque attendus. Parmi ces femmes grossesses à risque attendus, 5 à 15% devront être césarisés.

