Adama SENE, Correspondant TerangaNews à Saint-Louis
Dans le cadre des activités de la troisième édition du Cours Ouest Africain sur les droits humains et les drogues, l’université Gaston Berger (UGB) a abrité une conférence sur la problématique du cannabis. Une rencontre qui a regroupé d’imminents docteurs, juristes, économistes, autres experts et de nombreux qui ont échangé pendant des tours d’horloges sur les enjeux politiques, économiques, sociaux et thérapeutiques du cannabis. Cependant, il est ressorti des discussions que l’Afrique n’est encore prêtre pour la légalisation du cannabis même si dans certains pays africains la consommation n’est plus punie.
Pour le Directeur de l’Ufr sciences juridiques et politiques de l’Ugb, sur le plan international il y a beaucoup de changements. « Il y a eu beaucoup de discussions pour savoir s’il faut sortir le cannabis (yamba) de la liste des stupéfiants parce qu’il aurait des vertus thérapeutiques donc des vertus médicinales. Raison pour laquelle, on a organisé cette conférence publique pour éclairer notre lanterne et celle de nos étudiants sur cette problématique, voir également quel est l’impact aujourd’hui de l’interdiction du cannabis et l’interdiction de sa culture aux plans économique et social », a soutenu-Pr Mbissane Ngom.
Cependant, à en croire le coordonnateur scientifique du Cours Ouest Africain sur les politiques de drogue et les droits humains en Afrique de l’ouest, il faut être réaliste, car l’Afrique, n’est pas prête à la légalisation du cannabis.
« Objectivement, il faut être réaliste. Nous avons juste montré des modèles des pays où on a légalisé le cannabis afin de voir comment cela été mis en œuvre, quel a été l’impact sur l’utilisation, la consommation du cannabis et essayer de voir quels sont les enjeux. Nous avons fait des présentations sur le Nigéria et sur justement la culture du cannabis au Sénégal pour voir quel est le sort qui peut être aux cultivateurs de cannabis, par exemple dans le sud du pays si on maintient l’interdiction dans nos lois. Mais également de l’autre côté qu’elle pourrait être leur sort si il y a une légalisation du cannabis à des fins médicales et je le précise très fortement. Qu’elle peut être l’impact justement sur le développement économique de cette zone du pays », a déclaré-Pr Ngom.
Revenant sur l’aspect du cannabis thérapeutique, le conférencier se veut formel. « Les gens s’imaginent qu’il s’agit de se mettre dans son coin et de fumer son joint de cannabis pour soigner une maladie. Non, il s’agit plutôt de prendre la feuille de cannabis et d’extraire les principes actifs afin de pouvoir produire des médicaments. Le plus souvent, c’est la base de tout médicament, à moins qu’il soit un médicament de synthèse », a éclairé-le Directeur de l’Ufr sciences juridiques et politiques de l’Ugb. Cependant, a-t-il signalé, il reste que pour certaines maladies, notamment lorsqu’il s’agit de douleurs atroces de la sclérose en plaques, de l’épilepsie pour certains ou de l’asthme pour d’autres, fumer un joint de cannabis peut soulager c’est important de le préciser, mais avec des risques sanitaires. Selon lui, il ne faut pas qu’on se mette à avoir des fantasmes sur cette question-là. « Il ne s’agit pas de dire pour des fins thérapeutiques, n’importe qui peut trouver un joint de cannabis, le fumer, et puis soigner sa maladie, ce n’est pas le cas », a conclu-le coordonnateur scientifique du Cours Ouest Africain sur les politiques de drogue et les droits humains en Afrique de l’ouest.

