L’expert pétrolier sénégalais, Ibrahima Bachir Dramé, s’est insurgé ce vendredi 20 décembre contre la prolifération des instituts et autres écoles de formation aux métiers du pétrole et du gaz.
’’Il y a une prolifération des institutions et écoles de formation aux métiers du pétrole et du gaz qui proposent des programmes qui, parfois, ne sont, en rien, en adéquation avec l’exploitation du pétrole et du gaz’’, a-t-il dénoncé.
Il s’exprimait à l’occasion d’un séminaire d’information et de partage avec les membres du Collectifs des journalistes économiques du Sénégal (COJES), notamment dans le cadre du projet d’appui aux négociations des projets gaziers et de renforcement des capacités institutionnelles.
’’Nous avions essayé de regarder ce qui était en train de se faire, mais je puis vous avouer que c’est une catastrophe. C’est pourquoi, j’ai demandé à ce que les gens soient beaucoup plus responsables et qu’ils se rapprochent des services compétents de l’Etat qui puissent leur donner les curricula’’, a fait savoir M. Dramé, également formateur aux métiers du pétrole et du gaz.
Estimant que la formation est ‘’extrêmement importante’’, d’autant plus que toute la politique de l’Etat, c’est de voir comment faire pour que les jeunes sénégalais soient formés aux métiers du pétrole et gaz, il a signalé qu’il existe dans ce pays, l’Institut national du pétrole et du gaz (INPG).
Il y a aussi, à l’en croire, d’autres programmes de l’Etat relatifs notamment à la formation de 2000 jeunes à ces métiers-là, sous la direction du ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle.
’’A ce rythme où vont ces instituts et écoles de formation aux métiers du pétrole et du gaz, nous sommes en train de mettre en place une bombe qui va éclater plus tard. Parce qu’on va former des gens qui, après, ne vont servir à rien’’, a alerté Ibrahima Bachir Dramé, par ailleurs directeur de la communication et des relations publiques de la Société des pétroles du Sénégal (PETROSEN).
Pour lui, c’est ’’une responsabilité’’ des autorités étatiques à travers les ministères en charge de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, de l’Education et de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, qui doivent ’’s’impliquer davantage’’ pour voir ’’qu’est-ce qui est en train d’être fait dans le domaine de la formation aux métiers du pétrole et du gaz’’.
’’Les Sénégalais sont beaucoup plus intelligents que ça ; on ne peut pas être à la croisée des chemins, nous engager dans l’exploitation du pétrole et du gaz, avec tout ce que l’Etat du Sénégal a fait de bien, et que sur le plan de la formation, nous péchions, parce que tout simplement des privés ont voulu faire une entreprise carrément mercantile’’, a dit M. Dramé.
Il se dit ’’convaincu’’ que l’Etat ’’va prendre le taureau par les cornes’’ pour mettre de l’ordre dans ce domaine.
Avec Aps

