De Adama SENE, Correspondant TerangaNews à Saint-Louis
Un atelier de communication et de plaidoyer sur la santé de reproduction en situation d’urgence a réuni pendant 48 heures une trentaine de professionnels de la communication, membres de l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), des acteurs dont des élus locaux et des techniciens de la santé, avec le soutien du Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA). Une rencontre qui a permis aux différents participants d’échanger sur la réelle place que doit occuper la santé de la reproduction en cas de crise humanitaire.
La santé sexuelle et reproductive de la femme et de l’adolescente est souvent reléguée au second plan pendant les situations d’urgence. A en croire le représentant-assistant du l’Unfpa au Sénégal, en cas de crise, l’assistance est focalisée sur la nourriture, l’hébergement, les soins en cas de traumatisme aigu. Pourtant- a-t-il ajouté, la grossesse et l’accouchement qui sont des causes de vulnérabilité supplémentaires pour les femmes et les filles sont souvent négligées. Pour donner à la santé de la reproduction sa véritable place, l’Unfpa et des partenaires se sont engagés à porter un plaidoyer pour que la tendance soit renversée. «Chaque jour près de 500 femmes et adolescentes meurent de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement dans des situations d’urgence. Pourtant en cas de crise, la femme a droit à un accouchement sûr et sans danger. D’où l’intérêt des autorités de rendre disponible les services de santé sexuelle et reproductive et de les insérer dans les documents cadres nationaux » a soutenu Moussa Faye. Selon toujours l’expert, il y a des dispositions à améliorer dans la prise en charge des populations affectées pour avoir des services et commodités liés à la santé de la reproduction. D’ailleurs pour constater de visu les réalités du terrain, une visite de presse a été effectuée à Djougob (Commune de Gandon), site de relogement des populations sinistrées de l’avancée de la mer dans la Langue de Barbarie. Une occasion qui a permis aux journalistes de discuter avec les populations déplacées sur les nombreux besoins et manquements sanitaires surtout ceux liés à la santé de la reproduction. Pour le porte-parole des déplacés, il n’y a aucune infrastructure de santé sur le site pourtant près de 900 personnes y vivent quotidiennement. « Pour les visites prénatales et natales, les accouchements et autres consultations, il faut faire plus de 10 km voire 16 pour rallier le poste de santé le plus proche. Si c’est la nuit, c’est la croix et la bannière surtout pour les évacuations.
Tout récemment une adolescente a perdu son bébé pour à cause de ces manquements et deux autres femmes ont accouché sur place dans des conditions très difficiles» a expliqué Baye Fall. Des complaintes qui ont été bien prises en compte par l’Unfpa mais également la région médicale de Saint-Louis. Selon le médecin-chef de région, les problèmes sanitaires soulevés par les occupants du site de recasement seront gérés d’urgence. « En attendant la fin du processus, il sera installé un poste avancé dans le site, en plus d’un déploiement d’une unité sanitaire mobile. On va les sensibiliser à appeler le SAMU en cas d’urgence car le site est enclavé. On s’organisera à mettre à leur disposition une ambulance de la mairie pour les évacuations » a rassuré Dr Seynabou Ndiaye.

