De Adama SENE, Correspondant à Saint-Louis
La capitale du Nord a abrité, mardi 27 août, une journée d’information sur la biotechnologie moderne sous l’égide de l’Autorité Nationale de Biosécurité (ANB). Une rencontre qui entre dans le cadre d’animation sur l’orientation des décisions politiques et l’éclairage des choix des consommateurs par rapport aux OGM. Une journée qui a permis aux différents acteurs de développement de la Région de Saint-Louis d’échanger avec les experts de l’ANB, d’approfondir leurs connaissances et d’éclairer leur lanterne sur la problématique des biotechnologies modernes et de la biosécurité dans le cadre de leurs activités.
Les avantages et les risques des OGM dans la vie des consommateurs ont été au centre des débats entre acteurs locaux et techniciens de l’ANB. Une occasion que ces derniers ont saisie pour rassurer les populations sur les OGM. A en croire le professeur Diaga Diouf de l’Ucad, certaines informations véhiculées sur les OGM ne sont pas fondées scientifiquement.
« Nos autorités ne vont jamais laisser commercialiser quelque chose qui a un impact négatif sur les populations. Les OGM sont végétal, animal, et autres. Il y a ceux qu’on utilise pour les alimentations et qui n’ont pas d’impact négatif sur la santé humaine. C’est ce genre de maïs qu’on commercialise sur le marché. L’Etat ne va pas cas même regarder introduire des gènes aux produits, qui à la longue auront des impacts négatifs sur les populations. Avec les OGM, il ne faut seulement voir le côté alimentaire, il y a aussi le volet médical. Par exemple l’insuline chez les diabétiques, si il n’y avait pas les OGM, les malades auraient de sérieux problèmes pour se soigner. De même que les malades du cancer où l’utilisation de gènes modifiés permet de limiter la multiplication des cellules cancéreuses et les exemples font légion. Certes, il n’y a pas de zéro risque, mais souvent les diffuseurs de rumeurs vont uniquement de la spéculation voir même de la désinformation sans aucune base scientifique», a soutenu le professeur au département Biologie Végétale de l’Ucad.
Pourtant, a-t-il poursuivi, c’est grâce aux OGM qu’on peut connaitre une augmentation de la production, une production plus respectueuse de l’environnement, une augmentation des qualités nutritives des plantes (« bio fortification »), une production dans des conditions marginales (tolérance à la sécheresse, à la salinité, carences N, P, …). Ainsi pour parer que des choses interdites et néfastes à la santé des populations ne se fassent, les pouvoirs publics ont mis en place une autorité nationale de biosécurité pour qu’elle se charger de la surveillance des utilisations des organismes génétiquement modifiés.
« Les OGM sont devenus indispensables au développement, il nous faut donc une utilisation sécurisé de ces derniers. D’ailleurs une loi a été votée à l’assemblée nationale en 2009, mais n’a pas encore un décret d’application », a signalé le Pr Diaga Diouf. Pour le point du Protocole Cartagena, les avantages sont nombreux, cependant il existe quelques risques potentiels associés aux OGM que les autorités ont pris très au sérieux. Il s’agit, de la toxicité et allergies liées à la présence du gène inséré, de la résistance aux antibiotiques, de la pollution génétique (flux de gènes), de la résistance des insectes. Raison pour laquelle, a ajouté, Dr Lamine Kane, la loi en vigueur au Sénégal est très contraignante. « Pour mettre des garde-fous, on peut même dire que c’était une loi contre les OGM au Sénégal. C’est pourquoi, on est dans un processus de modification de cette loi. D’ailleurs, tous les secteurs de la nation ont été consultés et actuellement le projet de loi est sur la table du conseil de ministre », a conclu Colonel Kane.

