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Matam/Ourossogui : Les 12 agents de la mairie licenciés accusent Me Moussa Bocar Thiam “il cherche à nous tuer, nous on va s’immoler”

De Thierno Baye Diéne correspondant de Teranganews à Matam

Le maire de Ourossogui a acté le licenciement de 12 agents travaillant à la municipalité, une décision que les principaux concernés jugent arbitraires. Pour contester l’acte administratif de Me Moussa Bocar Thiam, la bande de 12 menace de s’immoler par le feu devant les locaux de l’hôtel de ville.

Après sa réélection sans bavure à la tête de la ville carrefour en février 2022, Me Moussa Bocar Thiam ne s’attendait pas du tout à faire face à des menaces d’immolation de la part de quelques de ses agents. Ils sont au nombre de 12, des pères de familles, à faire face à la presse pour déplorer vigoureusement leur licenciement qu’ils considèrent comme un acte suprême d’abus de pouvoir. Leur porte parole, Oumar Moussa Dianka, dans un débit submergé de colère, expose les faits peu orthodoxes du maire. « c’est inadmissible, c’est inqualifiable, peste-t-il. Licencier de manière injuste des pères de familles, de surcroît des soutiens de famille, il faut être Moussa Bocar Thiam pour pouvoir le faire. C’est homme est un coutumier des faits, un récidiviste.

Depuis 2014, de braves travailleurs se sont retrouvés au chômage sans raisons valables. Il gère la mairie comme son bien personnel. Il peut d’un seul coup de tête décider de licencier un agent. Nous n’en pouvons plus de cette dictature. C’est au président de la république de l’arrêter », hurle-t-il.

En effet, avec ces nouveaux cas de licenciement, c’est un sentiment de déjà vu qui habite les populations de Ourossogui. En 2014, 8 agents avaient été limogés aux premières heures du magistère de l’actuel édile de la ville. Un acte fort d’autorité de la part de l’ancien qui avait, à l’époque, fait couler beaucoup d’encre. 8 ans plus tard, l’histoire bégaie. Ce sont 12 autres agents qui sont priés de cesser leurs activités rémunérées au sein de la municipalité. Pour ces nouveaux chômeurs, la gestion de l’agent judiciaire n’obéit à aucune règle de transparence puisque familiale. « la mairie de Ourossogui est une affaire de famille. Moussa Bocar Thiam a placé ses frères à tous les postes quasiment. Ils enlèvent des agents municipaux compétents pour les remplacer par des membres de sa famille. Le secrétaire municipal est son frère sans parler de son directeur de cabinet. Voilà comment Me Moussa Bocar Thiam gère la mairie de Ourossogui « , déclare le porte parole.

« Il cherche à nous tuer, nous on va s’immoler »

Lors de leur rencontre avec la presse, les 12 licenciés, arborant brassards et foulards rouges, ont laissé paraître une détermination sans faille, sûrement couvée par l’instinct de survie et de conservation. Ainsi, pour attirer l’opinion publique sur les agissements de leur maire, ils annoncent être prêts au sacrifice suprême. « Puisque Me Moussa Bocar Thiam agit en toute impunité. Il se croit intouchable pour se permettre de mettre dans la rue des pères de famille au moment où des ménages peinent à assurer les 3 repas quotidiens. Nous avons notre moyen de contester sa décision. Nous allons nous immoler par le feu devant la mairie puisqu’il cherche à nous tuer et à tuer nos familles », avaient-ils annoncé. Heureusement qu’ils n’ont pas pu passer à l’acte. Des autorités religieuses avaient pris leur bâton de pèlerin pour les dissuader avec l’aide du préfet de Matam qui n’a pas autorisé la tenue de la manifestation.

Ourossogui de par sa position géographique, ville carrefour, est devenu le poumon économique de la région de Matam. Ce qui fait que son maire est des plus enviés de la circonscription. Néanmoins malgré ce prestige, Me Moussa Bocar Thiam n’est présent dans la commune que de manière sporadique.

À cause de sa casquette d’agent judiciaire de l’État, il passe le plus clair de son temps à Dakar. Des lors, la gestion des affaires courants est confiée à ses hommes de confiance. D’ailleurs depuis sa nomination, l’ex socialiste a ramené son homme de confiance de toujours, Nouredine Ly, à ses côtés.

La mairie était restée plusieurs mois sans secrétaire municipal sur place. Aujourd’hui, le poste est bien occupé par Souleymane BocarThiam.

D’ailleurs c’est finalement lui, qui a porté la version de la mairie. Le téléphone de Me Moussa Bocar Thiam sonnait dans le vide, malgré notre insistance, le maire n’a pas daigné répondre pour apporter sa part de vérité.

Selon le C.M, il n’y a rien d’injuste dans la décision de licencier les 12 agents. Ces derniers ne respectaient pas le travail qui leur était confié. En sus de cela, dit-il, la ponctualité était une qualité qui faisait cruellement défaut à ces travailleurs.
Après l’affaire du secrétaire général de l’ARTP, Samba Thiam, cité dans homicide volontaire, c’est un autre Thiam fils de Ourossogui qui s’est illustré d’une manière bien embarrassante.

 

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Khadim FALL