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Respect de la norme des bouillons alimentaires : Nestlé Sénégal rassure les consommateurs, “les bouillons sont le fruit d’aliments que l’on trouve sur le marché”

La société suisse établie au Sénégal, Nestlé a malgré la forte concurrence dévoilée quelques secrets des éléments qui composent le bouillon “maggi”. Et pour mieux rassurer les consommateurs sénégalais Nestlé Sénégal a organisé mercredi, une rencontre avec des porteurs de voix, rencontre qui a permis de dissiper certaines idées reçues et largement répandues, notamment sur les conditions de fabrication de ces bouillons, ainsi que de leur composition.

On les retrouve dans toutes les sauces et toutes les recettes lui réservent une ligne dans la liste des ingrédients. Ils sont une pléthore, de différentes marques, à trôner sur les tables des marchés et dans les cuisines des sénégalaises. Au fil du temps, d’années en années, les bouillons sont devenus incontournables dans la cuisine sénégalaise.

Dans son petit restaurant de rue sis à la Gueule-Tapée, Yaye Sokhna propose des plats du jour : « Thiébou dieune , Yassa, soupe Kandia, mafé, riz au poulet…  », Des plats accompagnés de l’incontournable riz relevé avec un bouillon cube. «  J’en mets toujours un peu dans la marmite, c’est pour donner du goût  », explique-t-elle.

Pour étayer sa thèse, la restauratrice donne l’exemple de l’équation intenable de la ménagère sénégalaise qui dispose d’un maigre budget . ”Ce n’est pas facile avec une maigre somme de quinze préparer du riz pour plus de personnes avec un kg de viande ou peu de poisson. Tout est cher au marché. Des sardines qui se vendaient à 50f par pièce s’échangent aujourd’hui à 500Frs, le kg de kéthiah coûte 1200 F Cfa, un kg de tomates fraîches est vendu à 600frs. Nous n’avons pas souvent le choix” , explique-t-elle.

Malgré toute cette côte pourtant, des rumeurs sur les conséquences, à long terme, de leur consommation ont fini par installer des doutes dans l’esprit des consommateurs. Et C’est pour lever toute ambiguïté sur leurs produits que les représentants du bouillon Maggi au Sénégal, ont ouvert une session d’échanges entre consommateurs et porteurs de voix, nutritionnistes et agents de leur entreprise. « La bonne réputation d’un produit est son gage de succès » , dit-Khadijatou, l’une des représentantes du bouillon. «Le but de cette rencontre a eu lieu sur l’échange est de déconstruire ces préjugés sur les bouillons. Ciblant ces porteurs de voix nous attendons à ce qu’ils comprennent, avant de juger de la fiabilité de nos produits pour ensuite apporter à la population, cette bonne information », explique-Mouhamed Sagna, représentant de ce bouillon. « Nous avons regroupé plus d’une vingtaine de porteurs de voix afin de leur exposer tout ce qui a un rapport avec ces bouillons » .

Au niveau de son stand qui renvoie à un étal de nos marchés, Khadijatou tient son assistance en haleine. Elle débute son discours en narrant l’histoire de l’avènement des bouillons, de leur création, à aujourd’hui, avant de faire une pause sur les composants de leurs produits. « Ils ne sont que le fruit d’aliments que l’on trouve sur le marché. Ce n’est pas avec des restes de poisson que l’on fabrique des bouillons. C’est avec de l’oignon, de l’ail, du manioc, du sucre, du sel chinois, du sel iodé, de l’huile de palme, du mono sodium glutamate, du gingembre, du poivre, du céleri et du piment rouge, entre autres ingrédients qui sont à la base de ce produit » , lance-t-elle.

« Avant de participer à cette rencontre, dit-l’Imam Moussa Fall, j’étais de ceux qui disaient que tous mes maux de santé provenaient de ces bouillons qui sont quasi-impossibles d’interdire chez soi. Il serait fabriqué à partir des restes de poisson. On peut l’utiliser pour castrer des animaux ou déboucher des conduits d’égout et est à l’origine de l’hypertension artérielle, je tenais exactement ce même discours à ma famille. Mais aujourd’hui, j’ai compris que je m’étais peut être trompé » , dit-il, à la fin de cette rencontre de plusieurs heures.

Pierre Habib Sané de renchérir : « J’ai compris après la rencontre avec la nutritionniste qui nous parlait d’hygiène de vie, que ces bouillons ont bon dos », dit-il. « Nous aimons manger gras, salé et sucré en abondance, ce qui à la longue nous crée tous ces problèmes d’hypertension, de diabète, entre autres. J’ai compris que le problème était plutôt notre alimentation, qu’il nous faut revoir. Pas que ces bouillons”, soutient-il ainsi que Serigne Samb.

”Rééduquer le sénégalais et lui apprendre à manger sainement”

Pour résoudre une difficile équation, la ménagère n’y va par quatre chemins. Elle se rabat sur les multiples bouillons qui donnent le goût du poisson, de la tomate, des épices, de la viande ou des légumes. Il suffit juste de débourser au maximum 200frs pour s’offrir autant de saveurs. Et le tour est joué même si les conséquences peuvent être désastreuses. « On aime ce qui est saturé en gras et en sel’‘, laisse entendre la nutritionniste Mme Bèye, devant l’assistance composée majoritairement d’hommes. Elle insiste sur l’adoption d’une bonne hygiène de vie. « C’est vital ! Du fait de notre alimentation très riche, il est nécessaire de pratiquer plus d’effort physique », leur-conseille –t-elle. La conseillère en alimentation Mme Ndour Aicha Fall conseille de savoir comment utiliser ces bouillons à ceux qui ne peuvent s’en passer. « 1cube pour deux kilos de riz suffit largement, sans y rajouter encore du sel. Car, faut-il le préciser, avec un dosage non maîtrisé, le consommateur s’expose à des perturbations sanitaires », dit-Khadijatou.

Une assistance, en grande partie composée d’hommes dépassant la soixantaine, dans une assemblée où l’on parle de bouillons et d’épices, intrigue. « Ils sont notre cible aujourd’hui », relève-Mouhamed Sané. « Nous avons déjà accueilli des femmes, des ‘’bajeenou goox’’. Nous procédons en fait par cible’’, explique-t-il.

 L’exposé de la loi ne mentionne pas les effets nocifs des bouillons alimentaires sur la santé, mais rappelle leur composition : sel, exhausteurs de goût, ou encore matières grasses. Pour des clients rencontrés dans la gargotte de Sokhna Khady, la nouvelle taxe est une bonne choisie et c’était mieux avant : «  Avant nous prenions du sel et poisson fumé »,  raconte un client . « On a entendu que ça donne beaucoup de maladies. Personnellement, on veut manger le plat d’hier, ce que nos vieilles femmes cuisinaient sans bouillon»,  pense-t-il.

Tous les petits cubes sont soumis à cette nouvelle taxe spécifique, qu’ils soient locaux ou importés.

Cette rencontre a eu lieu mercredi 7 octobre, au King Fadh.

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Mame Khary Leye