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Le Musée du mouridisme va enseigner le legs de Cheikh Ahmadou Bamba

Le futur Musée du mouridisme servira à enseigner le legs de Cheikh Ahmadou Bamba (1853-1927), le fondateur du mouridisme, l’une des principales confréries musulmanes sénégalaises, a déclaré lundi 13 décembre, Chérif Fantamady Mbacké Ibn Serigne Falilou, coordinateur du comité de pilotage dudit projet.
« Ce musée va servir à véhiculer le legs de Serigne Touba depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui. Il y a aussi les calligraphies mourides, l’habillement à montrer. Il servira aussi à réparer l’injustice faite aux langues nationales qui ne sont pas valorisées dans les bibliothèques », a dit le marabout lors d’un point de presse.
Le président de la commission scientifique et culturelle du musée, docteur Matar Ndiaye, a pour sa part expliqué que l’édifice va contenir les « éléments et objets patrimoniaux de Cheikh Ahmadou Bamba, de l’ensemble de ses enfants, de ses cheikhs et de toute la communauté mouride ».
Après un travail « inclusif » fait avec plusieurs experts et bonnes volontés où beaucoup d’idées de faisabilités et de scénographies ont germé, dit-il, la commission scientifique va lancer dans quelques mois un inventaire pour rassembler le patrimoine du fondateur du mouridisme.
« Serigne Touba, ses khalifes généraux qui ont eu à lui succéder ont laissé un patrimoine inestimable éparpillé dans plusieurs endroits, il est opportun aujourd’hui de les rassembler », a estimé Matar Ndiaye.
Ce patrimoine « divers et multiforme » est constitué des objets de Cheikh Ahmadou Bamba qu’il a eus pendant son parcours d’exil (malle, cafetière, etc.) et son retour et qui se trouve dans des lieux connus du mouridisme, a-t-il ajouté.
Selon lui, une partie du patrimoine de Serigne Touba se trouve à « Keur gou mag » à Diourbel et une bonne partie à Touba précisément à « Bayti », « daaray Kamil », « Darou Khoudoss », etc.
« Il est important de comprendre que l’ensemble des khalifes qui l’ont succédé ont marqué de leur empreinte cette communauté à travers plusieurs manifestations culturelles organisées, mais aussi à travers plusieurs styles d’habillement notamment le Baye Lakhat (3ème khalife de Serigne Touba), le mouridisme a façonné l’habit Baye Fall connu, etc. », énumère-t-il.
Tous ces objets et valeurs du mouridisme seront rassemblés dans ce musée, a-t-il fait savoir.
Le Musée du mouridisme va recevoir une exposition « permanente » qui sera exclusivement dédiée aux objets de Serigne Touba et une exposition « temporaire » qui revisitera les objets et les activités laissés par ses enfants et l’ensemble de la communauté.
Il comprendra aussi des éléments documentaires, des travaux et autres Xassidas (textes) écrits par le fondateur du mouridisme ainsi que des films documentaires sur les lieux et différentes phases de son exil au Gabon.
Un musée virtuel sera érigé en son sein pour permettre de le visiter à partir de l’extérieur, a dit Matar Ndiaye.
Le Musée du mouridisme ne sera pas un « musée élitiste », fait valoir le président de la commission scientifique, soulignant qu’il sera « un musée proche du public qui aura à donner ses idées et sa pensée pour renforcer la scénographie ».
« Ce sera un musée présent et futur, ouvert et dynamique qui prendra en compte les transformations sociales de notre société. Il abritera en son sein un centre de recherche et d’éducation. Il aura un partenariat avec des musées du monde notamment le monde oriental’, souligne-t-il.
Selon lui, le coût du projet n’est pas encore estimé et la date de la pause de la première pierre n’est pas encore connue.
L’édifice sera plus « proche de l’architecture islamique » et va occuper une superficie de 19 530 mètres carrés sur l’axe « Dianatoul Mahwa » à Touba, annonce l’architecte Malick Mbow.
Le plan architectural sera composé de deux bâtiments symbolisant « le départ et le retour en exil de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké » fondateur du mouridisme.

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Mame Khary Leye

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