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Permission de sortie accordée à Hissène Habré : Les victimes disent attendre des garanties du gouvernement sénégalais

Le collectif des avocats des victimes de Hissène Habré et l’Association des Victimes des Crimes du Régime de Hissène Habré (AVCRHH) disent attendre des « garanties » que la sortie de prison de l’ancien dirigeant tchadien « prendra bien fin dans deux mois, ou à tout le moins avec la fin des exigences liées à la crise sanitaire ».

« Nous attendons donc des garanties que cette sortie prendra bien fin dans deux mois, ou à tout le moins avec la fin des exigences liées à la crise sanitaire, et que toutes les mesures nécessaires seront prises afin de prévenir toute tentative d’évasion et de fuite de Hissène Habré. Nous serons particulièrement attentifs à ce que le condamné Hissène Habré retourne en prison dès la fin de cette période exceptionnelle », écrivent ce collectif et l’association dans une déclaration.
Le juge de l’application des peines a rendu, le 6 avril 2020, une ordonnance accordant une permission de sortir d’une durée de 60 jours à Hissène Habré dans sa résidence de Ouakam à Dakar, une décision motivée par la crise sanitaire actuelle du Covid-19.
M. Habré « réintégrera l’établissement pénitentiaire du Cap Manuel, immédiatement, à l’expiration de la permission de sortir ».
Les responsables du collectif et de l’association demandent également aux autorités sénégalaises de « s’assurer que cette autorisation de sortir soit respectée à la lettre de l’ordonnance du juge de l’application des peines, notamment en ce qui concerne une permission de sortir dans sa résidence de Ouakam uniquement, et de prendre toutes les mesures nécessaires afin d’éviter qu’une telle permission s’accompagne de mesures de rétorsions ou de représailles contre les témoins ou les parties civiles ayant participé au procès ».
Ils insistent aussi « une fois encore, sur le fait que les milliers de victimes, dont beaucoup vivent dans la précarité et qui ont mené une lutte durant 25 ans pour le traduire en justice, attendent toujours que Habré commence à verser les dommages et intérêts (82 milliards de francs CFA/135 millions d’euros/120 millions de dollars) auxquels les Chambres africaines l’ont condamné ».
Les membres du collectif affirment ne pouvoir « que croire le gouvernement sénégalais sur parole », que « cette permission de sortie n’est qu’une mesure temporaire pour protéger la santé de Habré et pour permettre une meilleure gestion carcérale en cette période de crise ».
Selon Aps, ils rappellent qu’une libération anticipée « violerait aussi l’obligation du Sénégal de réprimer de manière effective ces crimes, comme l’a indiqué clairement le Comité des Nations unies contre la torture ».

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Mame Khary Leye

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