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Côte d’Ivoire : la Cour de justice africaine suspend le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro

La Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples, institution de l’Union africaine basée à Arusha en Tanzanie, qui avait été saisie début mars par M. Soro et ses proches, a ordonné mercredi  à l’Etat défendeur (la Côte d’Ivoire) de surseoir à l’exécution du mandat d’arrêt contre Guillaume Soro”, dans un arrêt publié ce mercredi.

La Cour ordonne aussi de “surseoir à l’exécution des mandats de dépôt” contre 19 proches de M. Soro accusés de complicité à divers degrés, actuellement détenus en Côte d’Ivoire, et leur mise en “liberté provisoire”: il s’agit de cinq députés et de membres de son parti, dont d’anciens ministres, ainsi que de deux de ses frères.

La Cour donne 30 jours à l’Etat ivoirien pour exécuter l’arrêt.

Pour justifier sa décision prise “à l’unanimité”, la Cour estime que le mandat d’arrêt et les mandats de dépôt risquent de “compromettre gravement l’exercice des libertés et des droits politiques des requérants”. La Cour invoque également le risque de “dommages irréparables” pour les requérants et la “présomption d’innocence” en leur faveur.

Candidat déclaré à l‘élection présidentielle ivoirienne prévue en octobre, Guillaume Soro faisait l’objet depuis fin décembre 2019 d’un mandat d’arrêt émis par la justice ivoirienne pour une tentative présumée d’“insurrection”, et des “détournements de fonds publics”, toutes accusations démenties par l’ex-chef de la rébellion des années 2000.

Il a salué sur sa page facebook cette “décision historique” dans laquelle la Cour africaine “reconnaît l’iniquité des poursuites” contre lui.

Longtemps allié du président Alassane Ouattara, qu’il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait 3.000 morts, Guillaume Soro était devenu Premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale, avant de se brouiller puis de rompre avec le chef de l’Etat début 2019, ce dernier voulant brider ses ambitions présidentielles, selon les observateurs.

L’Etat ivoirien n’a pas réagi dans l’immédiat à la décision de la Cour.

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Khadim FALL

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