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Unicef : Un quart des enfants dans le monde pas officiellement déclarés

Au total, 166 millions d’enfants de moins de 5 ans, soit 1 sur 4, ne sont pas déclarés à l’échelle mondiale malgré une nette augmentation du nombre de naissance enregistrés, indique un nouveau rapport de l’UNICEF publié ce mercredi 11 décembre à l’occasion de son 73e anniversaire.
Le document, intitulé « L’enregistrement des naissances pour chaque enfant d’ici à 2030 : Où en sommes-nous ? », est basé sur des données provenant de 174 pays. La proportion mondiale d’enfants de moins de 5 ans dont la naissance a été déclarée a toutefois progressé de près de 20 % en dix ans, passant de 63% à 75% ‘’, précise le rapport dont l’APS a consulté une copie.
« La situation s’est nettement améliorée, mais beaucoup trop d’enfants passent encore entre les mailles du filet et ne sont ni connus ni recensés », déclare Henrietta Fore, Directrice générale de l’UNICEF, dans des propos rapportés par le texte.
« Un enfant dont la naissance n’est pas enregistrée est invisible : il n’existe pas aux yeux du gouvernement ou au regard de la loi. Sans preuve de leur identité, les enfants sont souvent exclus du système d’éducation et n’ont pas accès aux services essentiels comme ceux de la santé. Ils courent en outre un risque accru d’être victimes d’exploitation et de violence », a-t-elle dénoncé.
Selon le rapport de l’UNICEF, les progrès observés à l’échelle mondiale s’expliquent en grande partie par les avancées majeures réalisées en Asie du Sud, notamment au Bangladesh, en Inde et au Népal.
« Des progrès sont également notés en Afrique de l’Ouest et du Centre où l’enregistrement des naissances des enfants de moins de 5 ans a augmenté de 41% à 51% en 10 ans, en dépit des multiples défis auxquels la région fait face », souligne le document.
Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria, la proportion d’enfants dont les naissances ont été enregistrées est passée de 30% en 2008 à 43% en 2018, démontrant l’intérêt d’intégrer les services d’enregistrement avec les services de santé, lit-on dans la même source.
Elle ajoute que des pays d’Afrique francophone tels que le Bénin, le Congo et la Guinée ont aussi fait des progrès constants pour améliorer leurs taux d’enregistrement des naissances.
« Pendant de nombreuses années, l’enregistrement des naissances en Afrique de l’Ouest et du Centre a stagné, privant des millions d’enfants de leur droit fondamental à une identité légale. Cette situation a désormais changé et des millions d’enfants supplémentaires sont enregistrés dès leur naissance », a dit-Marie-Pierre Poirier, Directrice Régionale de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.
« Avec le soutien de l’UNICEF et le leadership de l’Union Africaine et des gouvernements nationaux, les pays ont investi dans l’intégration de l’enregistrement des naissances au sein des services de santé et de vaccination pour élargir la couverture et l’accessibilité de ces services et atteindre les populations, y compris les plus vulnérables », a-t-elle salué.
D’après elle, « ce simple changement dans la prestation de services est non seulement peu coûteux, mais également efficace pour augmenter les taux d’enregistrement nationaux, contribuant ainsi au progrès de la région dans son ensemble ».
« En dépit des progrès, la majorité des pays d’Afrique subsaharienne accusent un retard par rapport au reste du monde, et certains des taux de naissances enregistrées les plus faibles dans le monde se trouvent au Tchad (12%) ou en Guinée-Bissau (24%) », note-le rapport.
« Les Gouvernements doivent passer à l’échelle les solutions dont il est prouvé qu’elles améliorent l’enregistrement des naissances s’ils veulent atteindre l’Objectif de développement durable de faire en sorte que chaque enfant compte », a estimé Marie-Pierre Poirier.
Parmi les obstacles à l’enregistrement des naissances figurent la méconnaissance des formalités, le coût prohibitif de cette démarche et de l’obtention d’un certificat de naissance, et l’éloignement des centres d’enregistrement, renseigne le document.
Le texte évoque aussi les coutumes et pratiques traditionnelles dans certaines communautés (comme le fait de confiner les jeunes accouchées à l’intérieur) qui peuvent également empêcher l’enregistrement officiel des naissances dans les délais impartis.

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Mame Khary Leye

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