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Matam : Les populations arrosées de poussière

De Thierno Baye Diène, Correspondant TerangaNews à Matam

Depuis le démarrage des travaux de réhabilitation de la route nationale N°2 Ndioum-Ourossogui-Bakel, la qualité de l’air s’est considérablement détériorée dans les villages et hameaux situés notamment sur l’axe Thilogne-Ourossogui. Les maladies pulmonaires commencent déjà à refaire surface et risque de se propager à une vitesse exponentielle. Car les populations inhalent au quotidien la grande quantité de poussière soulevée par les voitures qui roulent sur des pistes de déviation arrosées de manière sporadique.

Au delà de son impact négatif sur la santé, la poussière importune véritablement le quotidien des populations à l’image de Aissata Sy, habitante de la bourgade de Nabadji Civil, qui ne peut plus faire le linge dans sa maison. Elle se rend dans la forêt pour éviter les couches de poussière sur les habits lavés. « Je souffre beaucoup à cause de cette route, mes travaux ont doublé et je travaille à longueur de journée pour lutter contre la poussière. Avant, je me levais très tôt pour faire le linge chez moi et je terminais avant midi. Mais aujourd’hui, c’est dans la forêt que je fais le linge pour fuir la poussière. Je suis donc obligé d’attendre vers 10 heures pour m’y rendre. C’est pourquoi je ne rentre chez moi que vers le crépuscule, fatiguée », dit-elle.

Non loin de Nabadji, au village de Doumnga Ouro Alpha, dans les gargotes implantées aux alentours du garage, on vend et consomme de la poussière, faute d’alternatives. Selon Meissa Diagne, vendeur de café touba, ressortissant de la ville du même nom, ils ont beau réclamé l’arrosage régulier des pistes mais la société marocaine en charge des travaux leur a clairement laissé comprendre que cela était le cadeau de ses soucis. « Tous nos produits sont couverts de poussière, on nettoie en permanence mais on en consomme aussi en grande quantité ».
La situation est ahurissante, les pistes de déviation, en plus d’être de piètre qualité, ne sont quasiment jamais arrosées. La question que finalement les populations se posent est de savoir si des corps de contrôle sont bien présents pour superviser les travaux. En attendant de trouver des réponses, elles sont invitées à boire le calice jusqu’à la lie.

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Mame Khary Leye

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