A LA UNE Actualité

MAGAL DE TOUBA 2019: La 102 édition du départ en exil de Serigne Touba célébré ce jeudi 17 octobre 2019 dans la ville sainte de Touba

De Abdoulaye Faye, envoyé spécial de Téranganews à Touba.

La communauté mouride célèbre ce jeudi 17 octobre 2019 (18 safar 1441), la 102ième édition du grand magal de Touba. Première fois célébré en 1921 par le fondateur de la confrérie mouride Cheikh Ahmadou Bamba à Diourbel, commémore le départ en exil de Serigne Touba.
Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké dit Khadimoul Rassoul et Serigne Touba, né en 1853 à Mbacké, mort le 19 juillet 1927 à Diourbel, est un théologien, juriste musulman et soufi. Il est l’une des figures les plus importantes de l’islam de la région en qualité de fondateur de la confrérie Mourides. Il fut également un grand poète.
Arrière-grand-père Maharame Mbacké dans le royaume de Baol, fils du marabout de la confrérie de Xaadir Mame Momar Anta Sali Mbacké, et de Mame Diarra Bousso, Ahmadou Bamba est un musulman soufi ascétique et mystique qui écrivait sur le tawhid, le fiqh et le tassawouf ainsi que la grammaire. Il est également l’auteur de nombreuses fatwas au Sénégal et en Mauritanie. La plus grande partie de son œuvre écrite est mystique et consacrée principalement à la glorification de Dieu, des prières et éloges sur le prophète Mouhammad.
Il prêche avec succès la paix et promet le salut à ses disciples qui se seraient conformés à ses recommandations qui sont celles de Dieu et de son prophète dans l’islam. Il fonde la ville de Touba en 1887. Il est arrêté par les autorités coloniales, qui l’enferment dans la prison de Saint-Louis, siège du gouverneur de l’Afrique-Occidentale française (AOF), avant de l’envoyer en exil, en 1895, au Gabon. Son frère Mame Thierno Birahim Mbacké supplée à son absence auprès de sa famille et de la communauté mouride. L’administration coloniale justifie alors sa décision en affirmant : « Il ressort clairement du rapport que l’on a pu relever contre Ahmadou Bamba aucun fait de prédication de guerre sainte, mais son attitude, ses agissements, et surtout ceux de ses principaux élèves sont en tous points suspects . »
Il retourne à Dakar en 1902, après 7 ans et 9 mois d’exil au Gabon dans la forêt équatoriale, et est acclamé par la foule alors que beaucoup pensaient qu’il y était mort. L’administration coloniale tente à nouveau de l’arrêter, en envoyant des tirailleurs et des spahis, mais ses disciples le protègent1 . Il est finalement arrêté l’année suivante (1903) et amené pendant quatre ans en Mauritanie.
Après 1910, les autorités françaises réalisent que cheikh Ahmadou Bamba ne désire pas la guerre. Dès lors, puisque la doctrine de Cheikh Ahmadou Bamba les sert, elles décident de collaborer avec lui. Serigne Touba refusa la Légion d’honneur. Son mouvement prit de l’ampleur en 1926 quand la construction de la Grande Mosquée de Touba, où il est inhumé, commença. Son tombeau est un lieu de pèlerinage. Après sa mort la confrérie des Mourides fut dirigée, avec une absolue autorité sur ses disciples, par ses héritiers.
Il reste une seule photo de Cheikh Ahmadou Bamba. Au Sénégal, cette image est reproduite en peinture sur les murs, les bus, les taxis.

A propos de l'auteur

Mame Khary Leye

Laisser un commentaire