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Solidarité Ramadan : C’est gratuit, ndogou à volonté

Mois de piété et de générosité, le ramadan est une période propice aux dons et aux bonnes actions envers ses frères musulmans. Dans les quartiers de Dakar comme Gueule Tapée ou encore Fann Hock, plusieurs groupes de jeunes s’activent autour du feu sur lequel est posé des bouilloires de café Touba, sur le petit espace qui longe le Canal 4.

Trouvés en pleine activité, ces jeunes garçons et filles s’activent autour du feu pour rendre agréable la rupture du jeûne pour bons nombre de personnes. La bouilloire sur le feu au moment où d’autres trient les dattes afin d’extraire le bon du mauvais, les jeunes de Fann-Hock trouvent du plaisir à donner.

« Ça fait cinq ans que nous le faisons et chaque année on rajoute une nouveauté et nous partons de nos propres moyens avant de solliciter le soutien des habitants du quartier. C’est avec joie que nous le faisons », confie Alassane le diawrigne (le chef de groupe).

Le visage affecté par la sacralité du mois béni de ramadan, le foulard bien noué arborant un jean et une djellaba qui cache bien la sveltesse juvénile de sa silhouette et de sa forme généreuse en ce moment d’abstinence Bineta, l’une des dames du groupe trouve en cela une bien meilleure façon d’être utile aux autres jeûneurs. « Vous voyez, je suis à jeûn mais je trouve un immense plaisir à venir apporter un coup de main à mes frères qui font une chose que je trouve noble. Donner à manger à un jeûneur, avec tout ce que le Coran a dit sur ce geste. Franchement je suis comblé, le cœur léger quand je m’active dans ça tous les soirs depuis le début du mois béni », lâche-t-elle.

Debout au bord de la route avec un bonnet qui coiffe sa tête Alioune, le jeune dévoué qui dirige tout ce beau monde se faufile entre les véhicules pour aller à la rencontre des conducteurs et autres passagers qui apportent leurs contributions à cette œuvre de bienfaisance.

« Nous sommes des musulmans et le mois béni de ramadan est une bonne occasion pour nous jeunes de partager avec les autres frères musulmans ce que nous avons. C’est la principale raison de notre dévouement à l’égard de nos frères musulmans », déclare ce jeune homme.

Sur les sommes dépensées, il avoue que la majeure partie de l’argent dépensé provient de dons de personnes que nous sollicitons, nous aussi nous participons aux charges avec nos maigres moyens. «L’argent que nous dépensons proviennent de personnes de bonnes volontés et qui participent à la réussite de ce nous faisons.  Nous aussi, avec nos maigres moyens nous apportons nos contributions pour montrer la voie à tout le monde. C’est grandiose ce que nous sommes en train de faire», s’esclaffe-t-il avant de poursuivre que « le fait d’offrir le ndogou aux jeûneurs est pour un sacerdoce regardez tous ces hommes et femmes qui s’activent autour du feu et de la fumée qui se dégagent mais on ne le sent même pas, on ne se repose qu’une fois avoir servi le ndogou à ces centaines de personnes qui passent par ici chaque soir», déclare Alioune.

Et, les personnes qui en bénéficient le plus sont les étudiants qui logent le quartier de Fann Hock plus proche de l’université Cheikh Anta Diop. Pour Serigne Modou, étudiant à la Faseg, « ce que font ces personnes est vraiment formidable. Ils offrent des ndogou aux jeûneurs.  C’est un acte de piété de haute portée » souligne l’apprenant.

Même son de cloche du côté de cette jeune étudiante le foulard sur la tête, sachet à la main Fabintou, originaire de Kaolack vient chaque soir prendre du café pour couper le jeun. « Seul le Tout Puissant peut les payer avec ces dons qu’ils offrent aux passagers. Moi, je viens ici chaque soir et ils me servent gratuitement du café, du pain, des dattes, je suis presque abonnée ici hein », commente-telle sur une ton railleur avant d’ajouter que « ça me fait moins de dépense pour une étudiante».

Il faut dire que ce ne sont pas seulement les étudiants qui en sont les principaux bénéficiaires, les mosquées de Fann et de Gueule Tapée située de l’autre côté du Canal 4 qui débouche sur la Corniche Ouest, sont aussi servies. Un geste fort salué par les fidèles qui y trouvent leur compte à l’heure de la rupture.

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Khadim FALL

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