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Algérie : L’armée siffle la fin et demande l’empêchement du président Bouteflika

Le chef d’état-major de l’Algérie appelle à l’application de l’article 102 de la Constitution, qui constate l’état d’empêchement du président. Une déclaration qui intervient après un mois de manifestations dans le pays et qui pourrait marquer un tournant dans le mouvement de protestation.

Le chef d’état-major a demandé mardi 26 mars, l’application de l’article 102 de la Constitution algérienne. « Afin de préserver notre pays face à une situation dont on ne mesure pas les conséquences, il devient nécessaire, voire impératif d’adopter une solution pour sortir de la crise. Une solution qui s’inscrit exclusivement dans le cadre constitutionnel, qui constitue l’unique garantie pour la préservation d’une situation politique stable, » a laissé entendre-Ahmed Gaïd Salah.  » C’est dans ce cadre qu’ il devient nécessaire, voire impératif d’adopter une solution qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien. Une solution à même, d’aboutir à un consensus de l’ensemble des visions, et faire l’unanimité de toutes les parties, à savoir la solution stipulée par la Constitution, dans son article 102 ».

Cet article prévoit qu’en cas de maladie grave ou durable du président de la République, si ce dernier est dans l’impossibilité totale de gouverner, alors le Conseil constitutionnel doit proposer au Parlement une déclaration de l’état d’empêchement.

Garantir l’Etat

Le Conseil constitutionnel s’est tout de suite réuni en urgence. Si les 12 juges constatent l’empêchement à l’unanimité, il faudra que le Parlement l’adopte à la majorité des deux tiers. C’est alors le président du Conseil de la nation, l’équivalent du Sénat, qui prend les rênes du pays en assurant l’intérim. Après 45 jours, si le président n’est pas en mesure de reprendre ses fonctions, le Parlement prononce l’état de vacance. Enfin, au bout de 90 jours, des élections devront être organisées.

Le chef d’état-major a justifié cet appel diffusé à la télévision par plusieurs raisons. Selon lui, les manifestations importantes qui ont lieu dans le pays depuis cinq semaines peuvent se transformer en une menace pour la stabilité. Il estime nécessaire et impératif d’adopter une solution pour sortir de la crise. Ensuite, il estime qu’il faut une solution qui s’appuie sur la Constitution et qui garantisse le maintien et la souveraineté de l’Etat.

Enfin, selon Ahmed Gaïd Salah, cette solution de l’état d’empêchement permettra d’aboutir à un consensus avec la société algérienne.

Un moyen de gagner du temps ?

Cette demande du chef d’état-major n’a pas tarder à faire réagir en Algérie, où Addad Hakim, le fondateur du RAJ, le Rassemblement action jeunesse, dénonce une supercherie.

« C’est une procédure qui aurait pu être engagée avant même que monsieur Bouteflika ne se présente à un cinquième mandat. Donc c’est juste une manière de gagner du temps et de faire en sorte qu’ils trouvent une solution pour s’en sortir par le haut ».

Pour d’autres, comme Hadadou Mhenni, le premier secrétaire national par intérim du Front des forces socialistes, c’est l’intervention d’Ahmed Gaïd Salah qui est en cause. Selon lui, en demandant à ce qu’Abdelaziz Bouteflika soit déclaré inapte à exercer le pouvoir, le chef d’état-major n’était tout simplement pas dans son rôle.

Avec RFI

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Mame Khary Leye

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