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Samasen : L’expertise sénégalaise au devant de la scène

Des expositions comme ‘made in Senegal’, il y’en a, il y’en a eu. Chacune d’elle part d’une histoire, bien plus qu’un constat. Ce vendredi 2 novembre, Samasen a vu le jour.

Le monument de la renaissance a accueilli la première édition de Samasen, une exposition toute sénégalaise de par ses produits. Initiée par Aminata Thiam, le projet vise à promouvoir les produits locaux.

Ce n’est pas une première. Le constat est là. Ils ne se comptent plus à la loupe, ceux qui s’intéressent au ‘made in Senegal’. Même si, nous le verrons, le chemin est encore étendu.

Un ‘mbalax’ alléchant accueille les visiteurs à l’entrée du lieu d’exposition. Certains, transportés par la musique, n’hésitent pas à marcher à son rythme. Sur leurs expressions par moment, l’on voit, qu’ils ne font même pas exprès. L’africain a le rythme dans les veines, ne le dit-on pas.

Les œuvres d’art, brillent telles des étoiles au milieu de ces produits sénégalais. Un simple coup d’œil, émerveille, attire tel un aimant. L’artisanat sénégalais, exposé dans toute sa diversité, toute sa splendeur, d’une beauté authentique, révèle un talent qui reste encore, à être découvert. Des objets d’art, objets de décoration occupent bien des stands. Aliou Sow, exposant de Samasen montre tout son savoir-faire, à travers masques anciens, sculptures, boîte à pièces, le tout rehaussé grâce au bois utilisé à ces fins. L’artisan, qui confie être à l’œuvre depuis 1982 affirme que Samasen est une initiative qui, sans doute, leur ouvre bien des opportunités. « C’est initié par des sénégalais, pour des sénégalais. Donc forcément nous adhérons, » dit-il. Concernant son activité, Mr Sow part du constat qu’il est loin désormais, le temps où quelques exceptionnels sénégalais s’intéressaient à leur travail. « Il y’a eu une époque où on taxait ‘d’occidentalisés’ ces rares sénégalais qui achetaient nos créations. Aujourd’hui, poursuit-il, un brin satisfait, nous voyons une différence, une évolution. Nous arrivons à faire apprécier, et acheter nos œuvres à de nombreux sénégalais, » nous-fait-il remarquer.

Leurs motivations sont partagées, pour ce qui est de leur adhésion à Samasen ‘made in Senegal’ : le fait qu’il soit promut par des jeunes. C’est ce que nous a fait savoir Mme Diène Néné Barro. Son stand, à cette dame, ne saurait passer inaperçu surtout, pour la gente féminine. Tout ce qui fait leur bonheur, tout ce qui leur fait s’extasier, apportant brillance à leurs yeux, se trouvent dans ce stand. Des bijoux, pour orner un cou, un doigt, des foulards, harmonisés avec du wax, pure œuvre d’art, à l’africaine. « La visibilité est un atout certes, pose-Mme Diène, mais ce sont ces jeunes qui m’ont le plus emmené à participer à cette exposition. Leur dynamisme, leur hargne m’a touché. J’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice, sans prendre en compte le fait que je venais à peine de participer à une autre exposition, » dit-elle, son visage affable, visiblement fière. Sa relation avec ses bijoux est fruit d’une longue passion. « J’ai toujours eu une passion pour les perles, » nous-confie-t-elle. « Au tout début, dans mon adolescence, poursuit-elle, je me plaisais à les fabriquer tout simplement. C’est en 1996 que j’ai commencé à les commercialisé. Je n’y croyais pas. Pour vous dire, c’est l’aînée de mes filles qui m’y a presque obligé, » raconte-t-elle. Mme Diéne affirme cependant, que de 1996 à nos jours, il y’a eu peu d’évolutions de son côté. « Le marché est encore assez timide. Les femmes semblent encore hésitantes à se parer de bijoux en wax. Ce sont plutôt les étrangères, qui se pâment devant un collier fait à partir de ce trésor africain, » affirme-t-elle.

D’où en l’occurrence, l’utilité, l’importance de pareille exposition.

Au total, une trentaine de stands sont occupés. Artisans, stylistes, transformatrices de céréales, fruits et légumes, vendeurs de produits cosmétiques, l’aloe vera, diversement présenté, en complément alimentaire, jus, produits de beauté, sans oublier le miel, rivalisent de beauté, de création et d’art à Samasen.

Un net agrément se détecte à travers les traits du visage d’Aminata Thiam. Pour une première édition, la dame se dit satisfaite. Au-delà d’une idée, un projet né souvent d’une volonté personnelle d’apporter quelque chose. « J’ai ressenti le besoin de nos amateurs de produits locaux de s’affirmer et de montrer au peuple sénégalais leur savoir-faire. Les aider sur cette voie a été ma première résolution personnelle, » pose-t-elle d’emblée. La première expérience s’avère toujours la plus marquante. Cette assertion ne sonne pas faux pour Aminata Thiam. « Ce qui m’a le plus marqué, dit-elle, sur un ton véhément, teinté de reconnaissance, c’est l’engagement de mon staff, jeune, » précise-t-elle. A travers ce salon, Aminata Thiam affirme que c’est également une manière de décomplexer les sénégalais par rapport aux produits étrangers. « En général, un sénégalais est très fier de dire que mes chaussures sont de France, mes habits, d’Allemagne. Alors que nos produits sont riches et diversifiés. »

Aux autorités étatiques, réputés pour leur habitude à prêter une oreille sourde à ces projets, Aminata Thiam lance : « L’envie, la volonté de faire, compte plus qu’un merci de la part d’autorités. Leur venue, ou leur absence revient au même. Nous sommes jeunes, nous y croyons, nous apporterons notre touche, pour le développement de notre pays, avec ou sans leur aide, » dit-elle déterminée. Sans pour autant, omettre de préciser qu’il est de leur devoir de soutenir ces projets-ci, puisqu’il en va de l’intérêt de tous.

A propos de l'auteur

Mame Khary Leye

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