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Marrakech : Rappeler le sens originel du Salafisme pour contrer l’extrémisme, est l’objectif de la 1ère conférence scientifique internationale des Oulémas africains

Daouda SOW, envoyé  spécial à Marrakech au Maroc.

Après la tenue de leur 2ème assemblée générale ordinaire à Fèz, les Oulémas africains de la fondation Mohamed VI, se sont retrouvés à Marrakech pour leur 1ère conférence scientifique internationale du 07 au 08 novembre 2018. Le thème est « Salafisme : indications et conséquences ». Le choix de la ville abritant l’événement comme celui du thème ne sont pas fortuits.

Pour sa première conférence scientifique internationale, la fondation Mohamed VI des Oulémas africains a choisi la ville de Marrakech. Une ville pleine d’histoires par rapport à la religion musulmane. En effet, Marrakech est un symbole de la piété et de la religion musulmane, puisque abritant les mausolées de 7 grands sages et Halim, celui du 1er fondateur de la Commanderie des Croyants y compris.

Il s’agit de Youssouf Ibn Tachnine, fondateur de la ville de Marrakech, et 1er Emir Al Mouslimine (Commandeur des musulmans. On peut citer aussi le mausolée de El Kharachi, le tombeau du Juge Al Khadayatt rédacteur de plusieurs textes musulmans, d’Imam Souhahili, rédacteur du livre Goudr Unuf (le jardin de bousquets), qui n’a jamais été foulé par aucun être humain. Son oeuvre est une exégèse qui explique la biographie du prophète Mohamed (PSL), il la donna en cadeau au Khalife Al Muhadr qui logeait à l’époque à Marrakech. La ville abrite également le mausolée du Grand Imam Jasouli, de l’Imam Sebti, grand Waliy dont la vie était basée sur la piété et la bienfaisance, ainsi que les tombeaux de porteurs des fanions de la croyance et de l’Islam.

La science, la religion et l’Etat étant les 3 piliers de l’Islam, ils se retrouvent aussi ici à Marrakech. D’où la rencontre des Oulémas et Halimates africains, pour échanger sur l’islam tel que présentait par le prophète (PSL), ses compagnons et les compagnons de ses compagnons, en faisant appel à la sagesse, à la tolérance, à la science conformément aux paroles de Dieu tel que dit dans le Coran. Face à la souffrance de la communauté des Croyants, à cause d’une interprétation erronée des idéologies et doctrines islamiques, il devient nécessaire voire urgent pour les Oulémas et Halimates d’intervenir pour soulager, défendre, et ramener les communautés sur le droit chemin en montrant la voie civilisationnelle, de paix, de tolérance de la religion musulmane.

Le thème retenu pour la première conférence scientifique de la fondation « Salafisme : indications et conséquences ».

En effet, de nos jours, beaucoup se revendiquant du Salafisme, virent à l’extrémisme religieux, au terrorisme, conduisant avec eux des jeunes sans grande culture générale sur les idéologies et doctrines islamiques. Il devient alors impératif « d’éviter ceux qui nuisent à la religion et de relancer la renaissance religieuse de l’Afrique, par la connaissance des enseignements véritables du prophète Mohamed (PSL) et du Saint Coran », tel que proposé par le Pr Mohamed Youssef des Oulémas marocains.

Le Salafisme tel que présenté par les extrémistes n’a rien à voir avec l’esprit ou la lettre de la doctrine Salafiste. Salafisme veut dire méthodologie des Salf Saleh (les bonnes gens), il appelle à un retour aux règles des ancêtres pieux. Ce qui aujourd’hui est d’ailleurs le devoir des musulmans. Comme le clarifie Cheikh Ibrahim Sahir Mussa représentant Cheikh Ibrahim Salih Al Osseini, grand Moufti du Nigéria « le salafisme n’est pas un appel au sectarisme, mais c’est un appel qui émane du prophète Mohamed (PSL). Il consiste à suivre les recommandations du prophète et du livre saint. C’est une doctrine large qui accepte tous les musulmans avec toutes les doctrines connues. Selon Omar Ibn Khatab, O gens croyants, ce que le prophète nous a demandé de faire, je tiens à ce que ce soit fait par mes compagnons et ceux qui nous suivront ». Le salafisme est ainsi la méthodologie de la Ummah dans sa totalité.

De nos jours, sa mauvaise interprétation par des fanatiques, fait qu’il prend des formes extrémistes qui peuvent mener à des violences inouïes. A cet effet, « protéger nos convictions, constances religieuses, nos enfants contre nos ennemis devient une urgence. D’où la nécessité de travailler dans un cadre juridique large et concerté pour arriver aux résultats escomptés » a poursuivi Cheikh Ibrahim Sahir Mussa du Nigéria.

Pendant deux jours les Oulémas et Halimates africains, vont échanger autour de 8 thèmes ou interventions à savoir « le terme salafisme : sens et représentations », « la transformation sémantique et son rapport avec le référentiel intellectuel, l’écart terminologique et son rapport avec le référentiel historique », « approche basée sur Al Ijtihad et son lien avec les liens dispositions de la charia », «  question du crédo religieux et écoles d’interprétation théologique », « méthode appliquée aux textes de la charia », « méthode appliquée aux fatwas et à l’évolution du vécu », « rapport avec l’éthique islamique et les valeurs humaines ».

La 1ère conférence scientifique de la fondation Mohamed VI des Oulémas africains a débuté avec la lecture du Saint par un membre de la délégation Sud-africaine, suivie du visionnage d’un documentaire de présentation de la fondation.

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Daouda SOW

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