SAMASEN 2018
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Fèz – Entretien avec Pr Abdou Aziz Kébé : « Des démarches ont été entreprises à Dakar pour que la section sénégalaise de la fondation puisse être officiellement reconnue »

En marge de la 2ème session ordinaire de l’assemblée du conseil supérieur des Oulémas africains de la fondation Mohamed VI, nous nous sommes entretenus avec le Professeur Abdou Aziz Kébé, membre de la délégation sénégalaise. Le Pr d’arabe à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar est revenu sur les programmes et objectifs de la fondation, les activités de la section sénégalaise dont il est membre, ainsi que la place de la femme dans la fondation et aussi de l’Islam.

Cette année est la 2ème édition du conseil supérieur des Oulémas africains. Quelle analyse faîtes vous de l’année écoulée, de la première session à maintenant ?

La 1ère session était plutôt une session préparatoire pour mettre en place les programmes, définir les cadres d’évolution des sections nationales et proposer un cadre logique pour les différentes activités. Cette session a été une session d’évaluation parce qu’étant une session de reporting où on expose ce qui a déjà été fait et ce qui ne l’a pas été. Mais aussi proposer de nouvelles activités, pour l’année 2019. Cela montre que la fondation est bien née, elle évolue, les sections ont présenté leurs rapports, un dynamisme est noté, même si on peut admettre qu’on pourrait accélérer le rythme, mais il faut admettre que ceux qui animent les sections sont aussi dans d’autres structures avec des responsabilités à honorer. Mais ce qui est important est que la fondation évolue, des activités ont été proposées l’année dernière. Certaines ont été faites, d’autres non et d’autres viennent s’y ajouter pour 2019.

La chaine de télévision et radio Mohamed VI pour la religion et le Coran vient jouer sa partition pour cette 2ème session ordinaire. Qu’en pensez-vous ?

La chaine Mohamed VI, ce qu’on appelait la Sadissa existait déjà, la chaine du Coran existait déjà. Maintenant le fait que les activités de la fondation puissent bénéficier de cet outil, je crois que c’est ce qui est la valeur ajoutée. D’autant plus que, il y avait dans les propositions de l’année dernière la mise en place d’un groupe médiatique pour supporter les activités de la Mouhassassa et pour aussi mettre en commun les différentes productions et permettre d’avoir une vision globale de l’Islam en Afrique et au Maroc. Donc, c’est une très bonne chose qu’on puisse bénéficier de l’apport de ce support médiatique qui a pignon sur rue et qui est très performant.

A votre niveau, que peut-on retenir comme activité de la section sénégalaise de la fondation durant l’année 2018 ?

Pour la section sénégalaise, le bureau de l’association a déjà été monté, nous avons travaillé sur les thématiques qu’on devrait explorer. Un séminaire a été organisé à Dakar pour faire connaitre l’association, des démarches ont également été entreprises pour que la section sénégalaise puisse officiellement être reconnue et détenir les instruments juridiques qui pourraient lui permettre d’être mieux à l’aise. Le président de la section sénégalaise est le Pr El Hadji Rawane Mbaye. Comme on le connait dans sa rigueur et de son sérieux, il a fait preuve de dynamisme, il n’a pas voulu que la section sénégalaise soit en reste et il a met tout son énergie pour que la section sénégalaise puisse émerger.

Plus de 250 membres participent à cette 2ème session de votre assemblée ordinaire, plus d’une centaine sont des femmes. Ce qui revient à vous demander quelle place occupent les femmes dans la fondation Mohamed VI des Oulémas africains ?

C’est une excellente chose parce que nous les musulmans avons cette fâcheuse habitude de penser que la science est pour les hommes et que l’activité de transmission du savoir est presque exclusivement réservée aux hommes, l’activité de transmission des compétences réservée aux hommes, la recherche au niveau des sciences religieuses réservée aux hommes. Or c’est une erreur grave dans la mesure où l’humanité est constituée d’hommes et de femmes. C’est donc essentiel d’accorder une place importante à la femme musulmane intellectuelle, savante. C’est un enrichissement et c’est une belle leçon qu’on donne à certains radicaux qui veulent vraiment emprisonner l’Islam dans un carré exclusivement masculin et avec d’autres caractéristiques. Les femmes n’ont jamais été marginalisées par l’Islam et voilà que tout d’un coup on veut mettre les femmes à côté. La société ne peut pas marcher seulement avec les hommes.

Dans les objectifs de la fondation tels que l’éducation, la formation, la lutte contre l’extrémisme religieux et le terrorisme entre autres. Quel doit-être l’apport des femmes dans ce combat ?

Déjà ce qui est spécifique est que ce sont les femmes qui transmettent les caractères les plus basiques, parce que les premières années de l’être humain sont exclusivement couvées par la femme. Ces années souvent, nous sommes plus proche de la maman que de qui que ce soit. Par la suite, surtout dans les sociétés modernes où l’homme est à la quête de l’argent, ce sont les femmes qui sont les recours pour l’éducation des enfants. Si donc la femme occupe cette place importante dans les premiers moments comme le long de la vie de l’individu, il faut comprendre par-là que la femme peut à la limite modeler l’être humain.

Donc il est important de donner à cette femme, les ressource scientifiques, coraniques, intellectuelles, sociales, qui lui permettent de mieux jouer son rôle à côté de son enfant et lui permettre de grandir avec beaucoup plus d’atouts que de handicaps. En intégrant la femme dans cette dynamique de recherche de connaissance, de transmission et de sensibilisation, je crois qu’on a plus de chance d’instaurer une société plus équilibrée parce que

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Daouda SOW

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