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Carnet de voyage : Promenade à Fèz à la découverte de ses « faiseries »

Daouda SOW, envoyé spécial à Fèz au Maroc.

Fèz, c’est d’abord une belle ville, avec son lot d’immeubles, de café, de banques, de sites historiques et touristiques, mais aussi des routes urbaines et des feux de signalisation, de son climat frais et humide.

Pour le sahélien que je suis, c’est à cette dernière qu’il fallait déjà faire face. En effet, les 14 ou 15° que qu’affichait la météo ne décourageait quand même pas. Il faut juste prendre ses précautions, veste, manteau, écharpe, tasse de thé ou de café, tous les moyens sont bons pour tenir le coup. D’ailleurs à Fèz, les cafés ne désemplissent pas, à toute heure, des clients sont installés sirotant tranquillement leur infusion devant un match de football ou au tour d’une discussion. Dans les rues, ce sont les va-et-vient incessants des uns et des autres. Jeunes, femmes, personnes âgées, chacun vaque tranquillement à ses occupations. Fèz c’est aussi ses taxis, Oui ! Les « petits taxis » et les « grands taxis » comme ils sont appelés. Les premiers assurent le transport urbain, au sein de la ville même. Les grands taxis pour leur part, font les voyages de longues distances, d’une ville à une autre par exemple.

Restons avec les petits taxis, pour découvrir un coin particulier et incontournable de Fèz. Il s’agit de l’ancienne Médine qui est l’appellation de l’ancienne Fèz. Pour y accéder, les chauffeurs de taxis vous jouent des tours pour vous soutirer un peu plus de dirhams que la normale. « Nous voulons aller à l’ancienne Médine » lançons nous aux différents chauffeurs arrêtés. Comme s’ils s’étaient passés le mot, la réponse est identique « compteur ». En bon sénégalais, nous marchandons avec le chauffeur, histoire d’avoir une fourchette de prix qui cadre avec notre destination. Le coût du trajet est finalement fixé autour 12, voire 13 dirhams. Notre surprise a été grande quand une fois dans le taxi nous ne voyons pas le compteur dont parlait le chauffeur avant de nous embarquer. Une fois sur place, c’est 15 dirhams que le monsieur nous réclame, mais sans polémiques, nous nous exécutons. Loin de chez soi, mieux vaut être prudent.

Nous sommes maintenant à l’ancienne Médine, juste à hauteur du restaurant « La Zawiya ». Ici, comme dans la plupart des grandes villes du monde, le contraste est flagrant entre les immeubles de Fèz ville et les vieilles bâtisses de l’ancienne Médine. Il s’agit de bâtiments construits au style oriental, des maisons de couleur ocre identique, tellement proches qu’elles donnent l’impression de s’entremêler. A peine descendus du taxi, que le 1er que tu rencontres s’improvise guide même sans ton accord. Sa question « Zawiya ? ». Le « Oui mais je connais, merci » ne décourage pas notre guide autoproclamé. Il peut être un enfant de moins de 10 ans ou plus, un jeune, ou même une personne âgée. Avec ou sans votre accord, il vous sert de guide touristique, vous fait traverser les ruelles étroites et en pente descendante qui mènent à la Zawiya de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (RTA). Tout le long du trajet, ce sont des commerces de Jellaba, babouches et autres accessoires marocains pour les visiteurs qui veulent ramener quelques souvenirs du Maroc. A côté de cela, il y a les femmes âgées, personnes à mobilité réduite, et parfois des enfants, qui vous tendent la main pour réclamer l’aumône. Ce qui témoigne d’une certaine pauvreté notée dans cette banlieue de Fèz. La visite se poursuit jusqu’à l’entrée de la Zawiya. A peine arrivés que notre guide « autoproclamé » réclame de l’argent, « monsieur ma pièce », comme s’il s’agissait d’un dû. Donner ou ne pas donner, la décision finale diffère selon les visiteurs.

Cela ne s’arrête pas là. Même à l’intérieur de la Zawiya devant le mausolée du Cheikh, des gens ne manquent pas de vous aborder par des subterfuges, histoires de vous soutirer aussi quelques dirhams.

Après les zikrs, ziar, prières et Wazifa à la Zawiya de Cheikh Ahmed Tidiane Chérif (RTA), retour à la ville, laissant derrière nous l’ancienne Fèz dans ces « faiseries ».

Et après Fèz, Cap sur Marrakech, la ville aux 1000 palmeraies.

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Daouda SOW

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