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Ziguinchor : Cri du cœur des travailleurs de la SONACOS S.A, suite à la mévente de plus de 6 milliards de FCFA de stocks d’huile raffinée d’arachide

Youssouf DIMMA, correspondant à Ziguinchor.

Les travailleurs de la Sonacos S.A. se sont réunis ce jeudi soir, 4 octobre 2018, dans l’enceinte de leur établissement industriel pour tirer la sonnette d’alarme concernant la situation que traverse ce jadis fleuron de l’industrie en Casamance.  Ils estiment, par la voix du secrétaire général du syndicat des corps gras, M. samba Badji qui a nous accordé une interview ce vendredi 5 Octobre, qu’« à cause de la concurrence sur le marché huilier sénégalais, due à la délivrance par l’Etat de plusieurs licences d’importation d’huile de toutes sortes ».

A en croire Samba Badji, «la Sonacos dispose actuellement d’importants stocks d’huile raffinée d’arachide d’une valeur estimée à plus de six (6) milliards de FCFA qu’elle peine à écouler sur le marché massivement inondé par plus de quarante-cinq (45) marques d’huiles importées de qualité nutritionnelle douteuse ».

Le secrétaire général des syndicalistes de la Sonacos a ajouté que d’ailleurs, « nous disposons aussi de grosses quantités d’huiles brutes prêtes à l’exportant ou au raffinage et pour cette présente campagne 2017/2018, avec un record de 1 411 0000 tonnes de graines coques et avec l’absence des exportateurs en début de saison, les producteurs ne savent plus où donner de la tête. Ils ont même commencé à brader leurs récoltes ».

Pour lui, « pendant ce temps, des autorisations d’importation sont délivrées en grand nombre aux opérateurs économiques et à des sociétés concurrentes qui refusent de respecter l’application des protocoles qui organisent le marché local ».

Badji a informé que notre pays « importe pour deux cent (200) milliards de FCFA de l’huile alors qu’il dispose d’usines en mesure de satisfaire la consommation annuelle des sénégalais et qui ne réclament que 30% des parts du marché local comme stipulé par le Plan Sénégal Emergent. Mieux, nous exigeons désormais  50% des parts du marché local en huile d’arachide car les récoltes des paysans augmentent d’années en années ».

 Visiblement excédé, M. Badji s’interroge : « qui veut couler la Sonacos avec tout ce que l’Etat a consenti comme efforts pour la sauver ? Oublient-ils que la Sonacos est le soutien de la filière arachide et par ricochet des cinq (05) millions de producteurs d’arachide au Sénégal ».

Et de conclure, « nous prenons à témoin l’opinion national pour dire que la mévente des huiles de la Sonacos est un danger pour les paysans et la filière arachide au Sénégal, car la chaîne de valeur n’est pas respectée ».

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Daouda SOW

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