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« Ubi tey jang tey », le manque de fournitures bloque son effectivité

A coup sûr, les élèves du Sénégal ne se sont pas levés du bon pied ce jeudi matin, rentrée des classes oblige. Connaissant leur attachement à tout ce qui est relatif à l’amusement, l’ambiance des vacances va leur manquer.

Toutefois, ce premier jour d’école, ce 4 octobre, est sans doute le plus beau jour de toute leur année scolaire. Vêtements et chaussures neufs, sac à dos rempli de cahiers et livres, les retrouvailles entre camarades de classes, sont, à leur niveau, ce qui rend cette journée, agréable.

Ce qui préoccupe les élèves ne fait pas sourciller les parents et professeurs. Le « Ubi Teey Jang Teey » est, ce qui les tracasse plus. Quatre ans après, le concept ‘Ubi Teey Jang Teey’ rencontre toujours des obstacles, dans certains établissements.

A l’école primaire Lamine Dièye de la Gueule-Tapée, ce n’est pas la grande bousculade. Très peu d’élèves, par rapport au nombre attendu. D’où la difficulté à faire valoir le concept. Ce que confirme le directeur de l’école, M. Sagna : « Le nombre d’élèves étant inférieur à la normale, le concept « Ubi teyy jang teey » ne peut être effectif dans ces conditions, » renseigne-t-il.

« Le manque de fournitures bloque la tenue du  »Ubi teey jang teey » (…) »

A quelques pas de l’école primaire Lamine Diène, vers la corniche, se trouve le CEM Adja Warath Diène. Ici, le concept est presque une réalité. Pas de problème d’équipements ni d’inondations des salles. Tous les coins de l’école sont propres et les enseignants ont tous répondu présents. Peu d’absents du côté des élèves. Malgré cela, le concept ‘’Ubi tey Jang tey’’ n’est pas totalement réussi dans cette école. Car, nombreux sont les élèves venus sans outils de travail. Dispenser correctement un cours n’était pas dans la mesure du possible. « Les enseignants sont présents, mais c’est comme si le concept était prioritairement pour eux, remarque M. Ndour, instituteur. Et pour appliquer le concept, on se limite à des séances de lecture, de l’explication du programme de l’année, parce que la majorité des élèves n’ont pas de fournitures. »

Hier, c’étaient les inondations, aujourd’hui, les moyens, demain, ce sera autre chose. Ce concept, vise pourtant à ne pas perdre un jour, sur le quantum horaire, puisque trois mois de vacances découlent sur du laxisme.

Waly Faye, parent d’élève, fustige les mentalités. « Ce n’est pas possible que quatre années après, l’on court toujours derrière les parents d’élèves pour leur rappeler que les cours débutent le premier jour de classe. Quatre années, insistent-t-ils, en mettant en exergue ses doigts, quatre années devraient largement suffire pour adopter le concept, » regrette-t-il presque.

Du côté des élèves, certains ne croient toujours pas au « Ubi tey jang tey ». Ndeye Marième Diagne est élève au lycée de Bambey. En vacances à Dakar, pour, d’après elle retrouver des forces après son brillant passage au BFEM, la jeune fille qui devra commencer un nouveau cursus se la coule douce chez sa tante alors que la rentrée scolaire est effective dans son lycée. « Les cours ne vont certainement pas démarrer aujourd’hui, » dit-elle indifférente. « Je vais attendre encore un peu, » lance-t-elle.

Cette manie qu’ont certains élèves à venir des jours après l’ouverture des classes aussi, ne facilite pas son adoption. Hormis cette mentalité dont parle Mr Faye, des efforts restent à faire, notamment au niveau du domaine physique des écoles.

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Mame Khary Leye

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