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« La croissance économique de l’Afrique de l’Ouest sera plus tardive que prévu, » selon la Banque mondiale

Les économies de l’Afrique subsaharienne continuent de se redresser mais à un rythme plus lent que prévu. C’est ce que rappelle le rapport semestriel de la Banque mondiale «Africa’s Pulse», publié mardi 2 octobre.

A travers son rapport analysant la conjoncture économique africaine, la Banque mondiale annonce qu’ « après avoir marqué le pas en 2015-2016, les économies d’Afrique subsaharienne continuent de se redresser, mais, souligne-t-elle, à un rythme plus lent que prévu. »

Avant d’ajouter qu’«En 2018, la région devrait afficher un taux de croissance moyen de l’ordre de 2,7 %, soit une légère augmentation par rapport aux 2,3 % enregistrés en 2017. »

Et, pour lutter contre ce ralentissement, l’économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Afrique, Albert Zeufack, appelle les responsables politiques à mettre l’accent sur les investissements. « Pour accélérer et soutenir une dynamique de croissance inclusive, les responsables politiques doivent continuer de donner la priorité aux investissements qui privilégient le capital humain, limitent les risques de mauvaise allocation des ressources de l’État et stimulent la productivité, » soutient-il.
« Ils doivent par ailleurs se donner les moyens de gérer les nouveaux risques découlant de la modification de la composition des flux de capitaux et de la dette, » poursuit-il.

Il est d’avis que cette situation tient en partie à une conjoncture internationale moins favorable pour la région. D’après lui, « les échanges mondiaux et l’activité industrielle s’essoufflent, marqués par la chute des cours des métaux et des produits agricoles en raison des inquiétudes liées aux tarifs douaniers et à une demande plus incertaine. »

« Certes, avance-t-il, les prix du pétrole devraient augmenter en 2019, mais ceux des métaux pourraient rester modérés du fait de la baisse de la demande, notamment en Chine. Les pressions exercées sur les marchés des capitaux se sont accentuées dans les économies émergentes et les inquiétudes concernant les dettes libellées en dollars se multiplient, avec la hausse de la valeur de la devise américaine. »

Le document indique que le ralentissement de la reprise en Afrique subsaharienne (0,4 point de moins que les prévisions du mois d’avril) s’explique par la modeste performance des trois plus grandes économies de la région. La baisse de la production pétrolière en Angola et au Nigéria a neutralisé la hausse des prix du pétrole et, en Afrique du Sud, la faible croissance de la consommation des ménages a été exacerbée par la contraction de l’activité agricole.

Ce rapport, mettant également en garde contre les risques de dérapages budgétaires, de conflits et de chocs climatiques, relève que « la dette publique est restée à un niveau élevé et continue d’augmenter dans certains pays. »

De plus, « la viabilité de cette dette publique risque d’être compromise par l’affaiblissement des monnaies et la hausse des taux d’intérêt associée à la modification de la composition de la dette, » renseigne le rapport.

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Mame Khary Leye

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