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Contribution : Rapports entre hommes politiques et citoyens, un jeu de dupe

Par Adama SÈNE, journaliste et correspondant de Téranga News à Saint-Louis. 

Les populations ne sont pas désintéressées de la politique, mais c’est la manière dont elle est pratiquée par les leaders, qui ne les intéresse pas.

Pour le peuple, l’élite fait du cinéma. Les populations ne croient plus aux responsables politiques pour un changement du pays. Donc il faut que les soi-disant leaders politiques composent avec les populations, car elles ont trop subi et sont fatiguées de leurs agissements. D’ailleurs l’écrasante majorité des sénégalais pense que le développement et les changements attendus, n’interviendront que par le biais d’une révolution citoyenne parce que les politiques sont dépassés.
A la veille de chaque élection, les politiciens fomentent à la limite des complots (fausses alliances, retrouvailles de façade, etc.) sur le dos du peuple. Heureusement les sénégalais commencent à comprendre le jeu de la classe politique sénégalaise. Malgré tout, obsédés par leurs propres intérêts et ceux de leurs familles et proches, les hommes politiques continuent sur cette voie de vouloir toujours manipuler le peuple. Quelques semaines seulement après le démarrage de la campagne de collecte de signatures pour le parrainage de la présidentielle 2019, des candidats déclarés ont déjà jeté l’éponge pour diverses raisons. Ce qui est sûr, avant le dépôt des candidatures au conseil constitutionnel, des dizaines et des dizaines d’autres candidats se retireront de la course vers le palais pour des raisons aussi fallacieuses les unes que les autres. Pourtant 80% des 90 candidats déclarés à la candidature à la présidentielle savaient d’avance qu’ils ne pouvaient pas réunir le nombre de signatures exigé par le système de parrainage ou n’auraient pas les moyens financiers pour participer à l’élection. Mais ils ont sauté dans l’arène et plongé dans la campagne de collecte de parrains pour se signaler et pour mieux négocier à se faire remorquer par un candidat supposé plus sérieux.

Le plus souvent, ils se tournent vers le candidat du pouvoir. Plus grave, la plupart d’entre eux ravalent leurs « vomissures » pour avoir vertement tancé et vilipendé le Président Macky Sall et son régime. Le maire Moussa Sy, l’ancien ministre des affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, les ex-ministres Modou Diagne Fada et Aliou Sow, entre autres, en sont de parfaites illustrations. N’avaient-ils pas traité, hier, de tous les noms d’oiseaux le Président Sall et dénigré la transhumance politique. Souleymane Ndéné Ndiaye, ancien Premier Ministre sous Wade n’avait-il pas préconisé la fusillade de tout transhumant politique. Pourtant, avec des arguments plus légers que des particules de poussière, est allé se réfugier dans le « Macky » quelques mois plus tard, oubliant ses anciennes déclarations. Alors ne devrait-il pas aller au poteau comme tous les autres qui ont trahi ?

Malheureusement la classe politique sénégalaise refuse d’admettre que le peuple l’a compris. Après deux alternances pacifiques, les sénégalais savent maintenant distinguer la bonne graine de l’ivraie. En 2000, le Président Abdou Diouf a vécu la cruauté des isoloirs, malgré les nombreux partis politiques et mouvements de soutiens qui l’entouraient. Me Abdoulaye Wade, avec des moyens financiers et logistiques impressionnants, a également gouté de l’insensibilité des isoloirs, en 2012 et rien ne prouve que le Président Macky Sall et l’APR ne subiraient pas le même sort que ses deux devanciers. Certes, il y a des ralliements tous azimuts et des mouvements de soutien qui naissent dans tous les coins du pays, mais osons le dire, beaucoup de ces responsables n’occupent que les télés et les radios pour exister, mais en réalité ils n’ont personne derrière eux. Pourtant ils sont reçus au palais et des millions leur sont offerts gracieusement en guise de récompense. Malheureusement la coalition BBY est majoritaire composé de ces entités cabines téléphoniques. Les autres partis politiques qui s’accrochent toujours à la coalition, sont aujourd’hui des coquilles quasi vides. Le PS est divisé en plusieurs fragments et n’a plus son mordant d’antan. C’est la première fois depuis son existence que le parti socialiste ne va pas présenter un candidat à une présidentielle. Sachant pertinemment qu’il est frappé par la limite d’âge pour être candidat du PS, Tanor a fait le vide autour de lui par des manipulations. Tous les jeunes loups qui ont osé montrer leurs longues dents, ont été « matés » et isolés ou carrément exclus du parti. Khalifa Sall et Aissata Tall Sall et leurs militants et sympathisants ne démentiront pas. L’AFP de Moustapha Niass qui n’a cessé de chuter et de perdre du terrain dans les différentes élections nationales et locales, a pratiquement utilisé le même procédé en sacrifiant tous les jeunes leaders qui ont eu des ambitions dans le parti. Des manœuvres qui n’ont qu’un seul et unique but, la consolidation de leurs intérêts personnels et de leurs proches. Ils sont allés jusqu’à accepter d’être des « collecteurs » régionaux de parrains au président de l’APR. Pour les nouveaux venus dans le camp présidentiel, toutes sortes de justifications sont brandies pour légitimer leur transhumance par contournement. Dans l’opposition ce qu’on constate également n’est pas catholique. Au PDS, ce qui s’y passe, prouve que les politiciens prennent les populations (militants et sympathisants) pour du bétail politique. Les autres leaders des partis de l’opposition ont les mêmes comportements. rares sont ceux qui écoutent ou consultent les militants avant de prendre d’importantes décisions.

D’où la question, alors de qui se moquent les politiciens sénégalais ?

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Daouda SOW

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