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Saint Louis – Tamkharite 2018 : Les commerçants n’ont pas réalisé de bonnes affaires

Adama SENE, correspondant à Saint-Louis.
Ce n’est pas la grande affluence dans les marchés de Saint-Louis pour la Tamkharite 2018. Devant les ateliers de moulins à mil, ce n’est pas non plus le grand rush. Une situation que les populations de la vieille cité ont diversement interprétées.
Les prix des légumes, de la pomme de terre, de la viande et de la volaille n’ont pas connu de hausse en cette période de Tamkharite. Pourtant, à en croire les vendeurs du marché de Sor, ils n’ont pas réalisé de bonnes affaires. « Pour la fête, nos poulaillers sont suffisamment fournis et les marchés bien ravitaillés. Malheureusement, on ne voit les clients que par compte-goutte par rapport aux années précédentes. Et puis les prix affichés sont très abordables » a signalé un vendeur de poulets, Abdou Léye. C’est le même sentiment livré par les femmes vendeuses de légumes et les commerçants. Pour ces dernières, c’est l’une des pires fêtes qu’elles aient passées dans le marché. « Aucune hausse n’a été notée. Ensuite le marché bien ravitaillé en belles légumes. La carotte, le manioc, le navet, les choux, la patate, sont tous disponibles en quantité et en qualité sur le marché. Mais les stocks ne sont épuisés faute de clients. » s’est désolée une dame assise derrière sa table remplie de légumes. S’il n’y a pas de pénurie de pomme de terre comme lors de la dernière tabaski, les commerçants n’ont pas bien vendu cette denrée. « On attend désespérément les acheteurs. On a été optimiste toute la semaine en se disant que les saint-louisiennes sortiront à la dernière heure, mais malheureusement pour cette fois –ci ce n’est pas le cas. Les affaires n’ont pas marché comme prévu. Les ventes de la fête n’ont pas une grande différence avec celles des autres jours du mois. Les clients n’ont fait que des achats moyens. Mais nous remercions Dieu et acceptons la situation, en espérant des lendemains meilleurs » a déclaré Mbaye Kane. Cette difficile situation du marché est diversement interprétée par les populations de Saint-Louis. Pour certains, c’est la période qui a joué en défaveur des commerçants. « La fête tombe au milieu du mois. Et puis les chefs de familles viennent de sortir de la tabaski où de fortes dépenses ont été effectuées. Donc ils ne peuvent plus supporter d’autres dépenses. Raison pour laquelle ils ne font qu’assurer l’essentiel et préparer sereinement la rentrée des classes » a argumenté M. Ndiogou, enseignant de son état. Selon d’autres, les gens commencent à démythifier la Tamkharite et comprennent de plus en plus le sens historique de la fête. « Les oustaz ont bien réveillé les musulmans que la Achoura n’est pas une fête à célébrer avec bombance. Cela doit être plutôt un jour triste. C’est la première raison. Pour la deuxième, les populations ont compris également que le gaspillage n’est pas bon surtout que les salaires ne sont pas élevés pour supporter de telles dépenses. Toutes les familles préparent la même chose. Donc pourquoi cuisiner des quantités qu’on verse après dans la poubelle » a soutenu Aida Niang.

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Daouda SOW

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