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Après des mois de grève sans issue, les autres confrères soutiennent l’APS dans sa lutte

En grève depuis le 6 septembre dernier, pour jouir de la « modernisation », promise depuis 9 mois par le chef de l’Etat Macky Sall, la presse s’est mise au chevet de l’APS (Agence de presse Sénégalaise) en lui prêtant main forte. Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics) a sonné la mobilisation. Ce mardi 18 septembre s’est tenue une manifestation à la maison de la presse, siège de l’APS qui a vu la participation des acteurs des médias sénégalais. « Ce n’était pas trop tôt, » lâchent certains journalistes rassemblés en groupe discutant à voix haute. Ils ne sont pas les seuls à penser cela.

Malgré la pluie de ce matin qui n’est pas tombée par gouttes, l’appel à la mobilisation du (SYNPICS) a fait échos auprès des confrères venus en masse soutenir la doyenne des agences de presse subsaharienne.

Il est 10h. Le lieu se remplit déjà, connaissant le très gros problème qu’ont la plupart des sénégalais avec les retards, pour cette occasion, ce n’était pas le cas. Journalistes, patrons de presse, techniciens des médias ainsi que des élèves et étudiants en journalisme et communication ont témoigné leur soutien à l’Agence.

Pour rappel, le bureau Synpics-maison de l’APS a déjà bouclé deux mots d’ordre de 96 heures. Et malgré tout, comme l’avait si bien dit le Président Macky Sall “l’APS reste le parent pauvre de la presse sénégalaise”.

Brandissant comme leurs confrères de l’APS des brassards rouges ou catégoriquement des tee-shirts rouges, ils ont prêté leurs voix pour que cesse cette situation 0 laquelle fait face l’agence nationale, pour reprendre les dires du secrétaire général de la section SYNPICS de l’APS, Bamba Kassé.

D’après lui, l’Agence de presse sénégalaise n’a pas internet à sa disposition. Le téléphone est coupé depuis un an. La logistique automobile aussi laisse à désirer. Plusieurs agents qui y ont travaillé des années durant attendent toujours d’être régularisés.

Autant de maux qui font dire à Abdoul Wahab, un agencier :  » L’APS a traversé tous les régimes politiques, mais elle n’a pas bougé. 60 ans d’existence, les choses vont toujours de mal en pis. L’Agence devrait avoir dépassé ce stade, être plus performante et au service de la population, » déplore-t-il.

« Connaissant le statut de l’Agence, leurs revendications sont largement justifiées, » affirme-Fallou Sène, étudiant en journalisme-Communication dans une école de formation . « L’APS est l’outil principal des médias et grossiste de l’information pour les journalistes des autres médias », argumente-t-il. Un peu comme si  l’APS mourait de sa belle mort et que les autorités y assistaient impuissantes.

Il faut se rendre à l’arrière-cour de la Maison de la presse, cimetière des véhicules de l’agence sénégalaise de presse pour se rendre compte de l’ampleur du mal. Des véhicules aux marques éculées, sont à l’arrêt depuis belle lurette. Un cimetière comme un garage mécanique, il ne manque que des mécaniciens.

Malgré des « engagements » pris depuis vendredi 14 septembre par le ministère de la Communication, tutelle de l’APS, les agenciers ne semblent toujours pas convaincus, « parce que ce département ne dispose même pas d’une lettre de politique sectorielle. Et ça, c’est un blocage pour nous », dénonce Bamba Kassé.

Le secrétaire général du Synpics, Ibrahima Khaliloulah Ndiaye, revendique que soit remis à l’APS « ce qui lui revient de droit car elle est la sève nourricière de la presse sénégalaise ».

Manifestant par ailleurs « la solidarité » du Conseil des diffuseurs et éditeurs de presse au Sénégal (CDEPS) à l’APS, Mamadou Ibra Kane, journaliste de son état affirme « qu’il ne faut pas laisser cet outil, cette institution comme l’APS dépérir ».

Les acteurs de la presse espèrent que la dotation de nouveaux moyens à l’APS se fera avant la célébration de son 60e anniversaire, le 2 avril 2019, deux jours avant la 59e commémoration de la fête de l’indépendance nationale.

En attendant, ils durcissent le ton et poursuivent le combat…

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Mame Khary Leye

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