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Sénégal – Célébration du 15 août : A Saint-Louis, l’ambiance de la fête perd son lustre d’antan

Adama SENE, correspondant à Saint-Louis.
Pour la célébration de l’Assomption, la ville tricentenaire a renoué avec l’ambiance des fêtes. De nombreuses activités ont été organisées par des associations de jeunesse ou religieuses. La plage de l’hydrobase et la place Faidherbe ont été les lieux de convergence des jeunes et fêtards. Cependant les hôtels et autres structures d’accueil d’hôtes n’ont pas affiché le plein comme les années précédentes.
Comme à l’accoutumée, le 15 août a été fêté dans la capitale du Nord par diverses activités culturelles. Cependant pour cette année, l’ambiance a baissé d’intensité malgré l’organisation de concerts gratuits à la place Faidherbe et les « sorties » des jeunes à la plage de l’hydrobase. Jadis courue par tous les jeunes des 14 régions du Sénégal et même ceux de la sous-région, la fête du 15 août de Saint-Louis perd de plus en plus de sa verve. La municipalité a offert deux concerts gratuits à la place Faidherbe, pour faire plaisir à la jeunesse et aux mélomanes. Des spectacles qui ont été assurés par Wally Seck et le rappeur DIP devant des milliers de jeunes.

Wally Seck en concert à la place Faidherbe de Saint-Louis pour la célébration du 15 août.

Mais si les artistes ont joué et tenu en haleine le public pendant des heures, l’opportunité de telles manifestations à cette période « cruciale » est presque sur toutes les lèvres. A en croire le leader du mouvement « Wallu Ndar », le maire s’est trompé d’objectifs en organisant à cette époque des festivités. « Ce n’est ni l’heure, ni le moment pour dépenser des millions de francs CFA inutilement, à une semaine de la Tabaski. Au moment où certains techniciens de surface de la commune n’ont pas perçu leurs salaires, au moment où les ordures meublent le décor de la ville à cause de panne d’engins de nettoyage, au moment où de braves femmes et de dynamiques jeunes attendent d’être accompagnés dans la formation et le financement, au moment où des familles déshéritées peinent à trouver de quoi passer une bonne fête de Tabaski, le maire et son conseil municipal devraient trouver autre chose que de barrer la place Faidherbe en perturbant le déplacement des populations pendant des jours et de dépenser vainement des millions pour amuser les jeunes. Puisque les priorités qui les attendent sont ailleurs » a râlé Zayir Fall. C’est le même sentiment de désolation qu’a soulevé le président du Mouvement « Ndar Ca Kanam ». Pour Adama Kane Diallo, l’organisation des concerts à la place Faidherbe par le maire Mansour Faye, a fini de montrer ses ambitions pour Saint-Louis. « Le financement de ces manifestations pour plusieurs millions de francs CFA alors qu’il pouvait l’investir dans les nombreux cas sociaux qui le sollicitent en cette période de la Tabaski, démontre à quel point il ne respecte pas les populations qui l’ont élu » s’est emporté le président communal de la jeunesse. A en croire certains saint-louisiens, les campagnes de dénonciation menées par des organisations religieuses pour dénoncer les nombreux dérapages des fêtards à l’hydrobase commencent à payer. « Nous l’avons tous constaté, l’ambiance de la fête recule d’année en année. Dans les années passées, la ville grouillait de monde à partir du 10 août. Les hôtels et les auberges affichaient le plein. Le petit commerce dans les plages et environs marchait à merveille pour les femmes vendeuses et locataires de tente. Mais aujourd’hui, rien ne va pour les affaires. Les réceptifs hôteliers attendent désespérément des clients parce que les gens qui nous arrivaient des régions de l’intérieur et des pays voisins ne viennent plus. Ensuite il y a l’arrêté préfectoral qui interdit les baignades après 18 heures dans les plages et les campagnes de dénonciation du 15 août que certaines associations religieuses ont réussi à faire passer.

Des populations saint-louisiennes à Hydrobase pour célébrer 15 août.

Du coup les populations sont devenues de plus en plus réticentes à se joindre à la fête » s’est désolé un gérant d’une auberge sur l’Ile. Une baisse d’intensité de l’ambiance du 15 août qu’une autre frange des populations tente de justifier par les dures réalités du moment. « Les gens ont d’autres priorités que de fêter le 15 août. L’argent manque terriblement dans le pays et les temps sont trop durs pour se permettre certaines choses. D’ailleurs les transporteurs, les vendeurs et acteurs qui s’activaient dans la fête, n’ont pas réalisé de bonnes affaires. D’habitude, entre le 14 et le 15 août, on voyait se doubler voire se tripler nos chiffres d’affaires. De plus, cette année la fête est séparée d’une semaine de la Tabaski. Donc tout le monde a l’esprit tourné vers cette fête religieuse musulmane » a soutenu Arame Sarr, tenancière d’une cantine à l’entrée de la plage de l’hydrobase.

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Daouda SOW

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