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Semaine ivoirienne de Dakar : Une intégration réussie grâce à l’artisanat et la culture

Ils ont foulé le sol dakarois le 2 août, avec pour bagages, la promotion de leur culture. Pour une première, les ivoiriens ont initié une semaine d’exposition culturelle à Dakar, avec des objets typiquement de chez eux. Certes les produits intéressent, attirent et suscitent curiosité mais l’intensité des échanges, de l’intégration culturelle entre ces peuples sont ce qui marque le plus, cette première fois.

A l’entrée déjà de la place du souvenir, le décor renvoie à une culture ancrée dans son africanité, son authenticité. Les hôtesses, habillées en tenue traditionnelles nous guident vers les stands. Exposants et visiteurs se font désirer ce matin du vendredi 10 août. Il est 9h40, les stands se languissent de leurs occupants.

« Hé c’est journaliste qui se ramène matin-là comme ça, » lance-une exposante pas très occupée à dresser sa parcelle pour lâcher des vannes en passant. De la patience, il nous en a fallu pour attendre ceux qui ont répondu à l’appel.

10h15. Peu à peu, le soleil se lève ici. Les stands se remplissent timidement de leurs propriétaires et de leurs objets de désir.

Perles et bijoux de la Côte d’Ivoire.

11h passée, les visiteurs se font toujours désirer. Apparemment, ils honorent les lieux de leur présence dans l’après-midi. A ce quatrième jour, les exposants, ivoiriens pour la quasi-totalité, se disent satisfaits. Chantal Guiraud, teinturière confirme cela. « Nous sommes venus de la Côte-d’Ivoire, spécialement pour cette semaine d’exposition. C’est ma toute première fois à Dakar. C’est avec une joie immense mais avec surprise aussi, que je constate que nos produits sont appréciés. Les dakarois aiment ce que nous exposons, nous le montrent et certains achètent, » dit-elle avec un brin de sourire.

Dans ces genres d’exposition, l’important n’est pas forcément d’acheter. Ce qui fait chaud au cœur c’est de voir que ses produits suscitent l’intérêt. « On sent un véritable partage à travers ces échanges, relève-Chantal Guiraud. « Lorsque les gens arrivent, ils cherchent à comprendre ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Surtout que nous sommes dans la fabrication des pagnes traditionnels de la Côte d’Ivoire, portant tout le patrimoine culturel et artisanal de notre pays, ce qui fait que nos visiteurs reflètent un sentiment de joie d’apprendre quelque chose de la culture ivoirienne. Et cela fait plaisir, » explique-t-il. Son exposition à elle est axée sur les pagnes tissés dont raffolent les sénégalaises.

Cet intérêt s’explique en partie par ce courant panafricain qui, en ce moment, moule les peuples du continent, dans un seul mouvement du bien-fondé.

Invités par leur ambassade ici, ces ivoiriens, ambassadeurs de leur culture se disent honorés d’autant plus que l’objectif de certains est de faire connaître l’artisanat de la Côte-d’Ivoire.

Moustapha Kambou, président des fiers artisants et bijoutiers de Côte d’Ivoire.

Séparés par un stand de celui de Chantal Guiraud, celui de Moustapha Kambou, président des fiers artisants et bijoutiers de Côte d’Ivoire, est plus que subjectif. Perles et bijoux, africains, y prennent vie. « Vous savez, l’artisanat africain est d’abord ambassadeur, » prêche-t-il. « Que ce soit la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, nous avons le même but, faire connaître ce que nous avons en matière d’artisanat, » dit-il.

Les parures nous ont permis de nous distinguer des autres peuples. Riches en histoire, en énigmes, ils permettent un attachement à nos valeurs culturelles, coutumières, tout ce qui fait l’essence même de l’africain. Moustapha Kambou pense que les perles sont tout ce que nous avons comme richesse. « Le fait que nous partageons beaucoup de choses, sur le plan croyance aussi renforce l’intégration. Vous pouvez voir ici, dit-il en montrant du doigt des colliers de perles, certains ont des vertus médicinales et mystiques, pour aller plus loin, confie-t-il. « Nous avons des perles pouvant nous permettre d’aller au-delà de ce que nous voyons comme parures et comprendre les mystères de l’Afrique. Ce qui favorise des échanges, parfois longs avec les sénégalais qui viennent visiter nos stands. »

Mounass Dia est une des dakaroises venues répondre à l’appel des ivoiriens. « Je suis venue dès que j’ai su. Je suis fascinée par la chaleur que dégage les ivoiriens autant que par leurs expositions. C’est une réelle opportunité de nouer des liens interculturels, » dit-la dakaroise, ne sachant plus à quel saint se vouer devant ce spectacle de beauté, pagnes comme bijoux.

Dans cette exposition, même les condiments ont leur place. Leurs stands sont un peu plus loin. S’y rendre requiert de traverser une allée interminable. Athiéké, poudre de manioc, beurre de cacao et de karité reconnue pour sa senteur caractéristique, entre autres produits alimentaires y règnent en maître. Tantie Joséphine nous en dit plus. « Je suis pour tout ce qui est naturel et bio, pose-t-elle. « Ici, nous laissons entrevoir les secrets de notre alimentation, et les dessous de notre médicine traditionnelle, renseigne-t-elle. « Cette poudre que vous apercevez, dit-elle en montrant un pot de poudre de rhizoma, est un remède miracle contre la fatigue, le surmenage, » avance-t-elle les yeux pétillants.

Il n’y a aucun pays en Afrique qui ne soit riche culturellement. A la place du Souvenir, tout le savoir-faire ivoirien est en ce lieu. Le thème de cette année : « La monnaie électronique, moteur de développement, de l’inclusion financière dans la zone UEMOA, cas du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. »

A propos de l'auteur

Mame Khary Leye

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