A LA UNE Actualité Dakar societe

Opérations Tabaski : A la Médina, les moutons de race ont la côte

Des moutons à perte de vue, c’est le décor qu’offre, à prés de deux semaines de la fête de la Tabaski, l’allée qui quitte la Rue 6 de la Médina en débouchant sur la Corniche en face du marché au poisson de Soumbédioune. Sur place, l’élevage de ces moutons constitue un véritable business.

Des moutons de race de Ladoum, Bali-Bali et Toulaber, tout est pour ceux et celles qui ont les moyens de débourser des sommes qui varient entre 100 mille pour atteindre le must 1 million 200 FCFA.

Sur l’allée qui quitte le rond Point Sahm située entre la Médina et la Gueule Tapée débouchant sur le marché au poisson Soumbédioune, le spectacle offre une image de foire aux moutons de race.

Sur place sont dressées des tentes pour exposer y les moutons destinés au sacrifice d’Abraham le jour de l’Aid el fitr.

Toutes les races sont présentes, Ladoum, la race la plus chère, race de noble aux oreilles pendantes parmi les moutons s’ensuivent les Bali-Bali et les Toulaber. 

Moutons de race exposés à la Médina.

Des moutons qui suscitent curiosité et convoitise des passants et les plus téméraires n’hésitent pas à enclencher le marchandage juste pour jauger le niveau des prix de ces moutons de race.

« J’essaie de savoir le prix pour me faire une idée de mes moyens mais je compte sillonner ces lieux de vente le week end », laisse entendre Pape Sène au volant de son véhicule.

Mais ces genres d’échanges, Kaloum qui évolue dans l’élevage et la vente de moutons de race, est en habitué, lui le gérant de la bergerie, il est à la tête d’une vingtaine de moutons tous de races, des Ladoum et Bali-Bali, les meilleurs.

Des moutons de race au plus fort 

Ici, les prix sont plafonnés,  ils commencent partir de la rondelette somme de 200 mille francs CFA pour atteindre la barre de 1 million 200 mille FCFA. « Vous n’avez pas des moutons de 100 mille », c’est le hochement de tête qui répond le temps d’aller séparer deux bêtes qui s’affrontent à coups de cornes, les cornes des moutons, la convoitise des enfants qui rivalisent à qui le père a le gros moutons.

Un éleveur de moutons de race à la Médina.

Kaloum a déjà écoulé plusieurs de ses ruminants mais c’est silence sur le nombre il préfère ne pas en parler ce qui est sur par contre c’est « qu’il a sorti ses moutons depuis un mois et la vente se passe bien », assure ce grand bonhomme au dreadlocks.

« Les acheteurs viennent pour acheter et comme je connais certains avec qui je traite depuis des années, ils me confient au retour le mouton en attendant la veille pour venir le chercher. Tu vois tous ces moutons marqués au niveau de la corne avec du scotch noir ont un propriétaire », confie Kaloum.

A l’entrée de la voix qui débouche sur la Rue 6 du célèbre quartier cosmopolite de la Médina, ce décor admiratif renseigne que la fête approche à grand pas.

L’élevage et Kaloum c’est toute une histoire, il ne sait plus à quel âge il a commencé l’élevage de moutons, « en tout cas plus jeune j’avais déjà un mouton et c’est là qu’est venu la passion, devenu un travail avec ces êtres particuliers », raconte-il.

« Difficile certes très fastidieux en dépenses, mais c’est la passion du mouton, surtout ces moutons de races qui  me pousse tout le temps à continuer l’élevage », renchérit Kaloum.

Un mouton de race exposé sur les allées de la rue 6 à la Médina.

Sur cette espace dédiée aux ruminants difficiles de délimiter où s’arrête l’espace de l’autre tout est lié seul la route qui ressort de la Médina peut servir de point de séparation.

Les passionnés de belle race

Trouvé en pleine marchandage avec un client Moussa Kane est connu ici il élève plus d’une vingtaine de moutons de race. Mais le client promet de revenir le prix proposé par Moussa Kane se situe hors de sa bourse 800 mille pour un mouton Ladoum.

« Pour le moment, je peux débourser jusqu’à 500 mille pour le mouton que j’ai choisi mais lui il me dit que c’est peu. Je sais que c’est un mouton de race  et je vais lui donné 250 mille pour qu’il me garde ça en attendant de revenir compléter le reliquat », déclare Moustapha.

A la question de savoir pourquoi ces sommes dépensées pour un sacrifice, « vous savez moi j’ai une grande famille et alhamdoulilahi, j’ai les moyens d’acheter à ce prix un mouton de race. Et je suis passionné de belle race. C’est tout ».

Un mouton de race pouvant coûter entre 800 mille jusqu’à 1million 200 mille FCFA.

Moussa Kane expose sur cette allée depuis des années et le prix de ses moutons varient entre 200 mille à 800 mille pour cette Tabaski 2018. Et tous ces moutons marqués ont déjà trouvés acquéreurs.

Chez les Kane, on a un  mouton avant d’apprendre à marcher. « Moi c’est mon grand père qui m’a offert un mouton à ma naissance et c’est lui qui s’en occupait avant de me le remettre et c’est comme ça que tout est parti cette histoire avec les moutons. Ce père de famille de renchérir « c’est moi maintenant qui ai trouvé l’astuce des moutons de race car j’ai su que c’est un business juteux qu’on peut allier avec son travail de menuisier », narre-t-il

Juste a quelques pas de lui se trouve la tente de son homonyme le jeune Moussa Kane investit ce qu’il gagne dans la pêche dans les moutons lui aussi élève des moutons et vend depuis 5 ans.

Pêcheur de profession le jeune Moussa Kane vend ses ruminants entre 100 mille jusqu’à 400 mille, « c’est le plafond ».

Il s’en sort bien depuis le début des opérations de la tabaski, « il me reste quelques ruminants rek, les clients viennent et marchandent beaucoup mais bon ça va aller », lâche-il.

En parfaite complicité avec ses moutons Ibou expose en face de l’usine glace sis à la Médina et de l’autre son enclos fait face à la pharmacie Soumédioune.

Ici les prix semblent être raisonnables à l’entendement « je suis sénégalais et je propose des moutons à des prix très abordables que tout sénégalais moyen peut s’acheter. Entre 100 mille et 300 mille FCFA ».

« Non si on devait additionner tous les frais pour l’élevage de mes ruminants personne ne pourrait les acheter. Là je peux dépenser sans compter par jour pour les maintenir en forme. L’aliment de bétails coûte excessivement cher sur le marché ajouté à cela les frais de gardiennage depuis le début de l’opération, c’est énormément de frais. Mais en dépit de toutes ces complaintes, ce trentenaire marié y trouve son compte ».

Assis sur une bouteille d’eau Ndiaga Gueye est en plein préparation d’aliments pour ses moutons de races mais pas que ça il achète parfois des moutons des bergers peulhs et s’occupe bien d’eux.

A en croire ce barbu en culotte et débardeur sous une chaleur étouffante où on respire de loin  l’air maritime, « l’élevage est très cher au Sénégal. Les aliments de bétails sont chers ce qui peut se répercuter sur le prix et nous on est obligé parfois de vendre à perte ou de gagner de modiques sommes. Et ça ce n’est intéressant  pour un éleveur vu tout l’effort fourni », déclare Ndiaga Gueye.

Sur cette allée qui va de la Rue 6 en débouchant sur la corniche Ouest tout est éclairé, la mairie de la Médina a installé des lampes pour plus de sécurité des lieux mais aussi des toilettes publiques.

En attendant les va-et-vient se poursuivent et les éleveurs de moutons espèrent écouler leurs moutons car ils ont leurs propres clients.

A propos de l'auteur

Khadim FALL

Laisser un commentaire

Close