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« La justice de ce pays est une justice à deux vitesses, » dit-le collectif des familles de victimes de violences policières

Ils avaient initié une marche. Si tout c’était passé comme ils le souhaitaient, la marche aurait eu lieu à 15h ce vendredi 3 août, à la place de l’obélisque. Malheureusement pour l’association des familles de victimes de violences policières, le préfet de Dakar a annulé la marche. « Troubles à l’ordre public, dit-Saliou Diaw, membre du mouvement, « voilà la raison de l’annulation de la marche. Ils ont attendu le Jour-J pour nous le spécifier alors que notre demande est entre leurs mains depuis plus de dix jours. »

Interdit de manifester, les membres de l’association des familles de victimes de violences policières ont improvisé une conférence de presse. « Finalement nous avons initié cette conférence de presse dans le but de faire connaître à la population ce revers de la situation, » poursuit-Saliou. « Nous voulons qu’ils sachent aussi que nous ne baisserons pas les bras. Nous continuerons le combat. Nous allons leur soumettre une autre demande, autant de fois qu’il en faudra. »

Photos de quelques victimes mortes à la suite de violences policières.

Le récent décès de Saliou Sarr a été le déclic, l’origine et l’essence de ce collectif. Le mouvement « FRAPP de Sénégal dégage » menait déjà le combat bien avant la mort de Saliou Sarr. « Ils ont commencé par une campagne de sensibilisation, faisant un tour dans les postes de police, échangeant avec les policiers sur leur façon de faire, » explique-M. Diaw. « Avec cette stratégie, poursuit-il, nous avons fait le tour de la ville de Dakar. C’est lors de cette fameuse période où nous devions faire la même chose pour la banlieue que le drame Saliou Sarr a surgit. »

Actuellement, le collectif compte cinq membres de familles de victimes.

Ils partagent une déception, une surprise, un ressenti d’incompréhension dans le fonctionnement de la justice de leur pays. Yabal Diop, frère du commerçant Seck Ndiaye tué à la Médina l’exprime : « Nous ne nous attendions pas à un refus. Nous n’avons rien demandé de compliqué, ni de déplacé. Juste une marche, pacifique », dit-il en insistant sur le mot.

Les membres de l’association affirme que ceci ne fait que confirmer leur avis sur la justice « à deux vitesse » de ce pays. C’est pourquoi ils disent se battre pour la justice.

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Mame Khary Leye

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