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Infecté par la salive de son chien, un homme a été amputé des quatre membres

Un homme de 48 ans a développé une infection généralisée due à la bactérie, Capnocytophaga canimorsus naturellement présente dans la salive des chiens et des chats.

Un américain a dû être amputé en urgence des quatre membres après avoir contracté une bactérie transmise par la salive d’un chien, a rapporté le Washington Post le 31 juillet. Si rien n’avait été fait, l’homme, âgé de 48 ans, serait décédé d’une infection généralisée.

Pour Greg Manteufel, un peintre en bâtiment résidant dans l’État du Wisconsin, tout a commencé par de la fièvre et des vomissements. Des symptômes évoquant une grippe carabinée. Mais le lendemain matin, l’état du quadragénaire s’est aggravé. L’homme délirait tandis que sa température continuait de grimper. Face à l’état de son mari, sa compagne, Dawn Manteufel, l’a rapidement conduit à l’hôpital le plus proche. Et c’est en arrivant dans l’établissement que les époux ont constaté que plusieurs ecchymoses étaient apparues sur le corps de Greg au cours du trajet.

Un cas rarissime

Des analyses de sang ont alors révélé que Greg Manteufel n’était pas malade d’une grippe, mais qu’il était en train de se faire attaquer par une bactérie appelée Capnocytophaga canimorsus. Naturellement présente dans la cavité buccale des chiens et des chats en bonne santé, cette bactérie n’est habituellement pas dangereuse pour l’homme. Mais il peut arriver dans de très rares cas que, après être entrée en contact avec le sang d’un individu (par «léchage» d’une plaie cutanée ou par morsure), elle s’y développe très rapidement. Quelques jours plus tôt, Greg avait justement été en contact avec pas moins de huit chiens, dont le sien.

En quelques heures, Greg a développé une septicémie, autrement dit une infection bactérienne généralisée. Il faut agir vite. Les médecins lui administrent une salve d’antibiotiques afin d’arrêter la bactérie dans son élan dévastateur. Le sang, très contaminé, ne parvient plus à assurer ses fonctions. Des caillots se forment, bloquant la circulation sanguine au niveau des extrémités. Les tissus, privés de ce flux vital, se nécrosent. Les médecins n’ont alors pas d’autres choix que d’amputer les membres inanimés. En une semaine, Greg a perdu ses jambes et ses mains.

Les personnes immunodéprimées en première ligne

Environ 500 cas d’infections fulminantes par Capnocytophaga canimorsus ont déjà été décrits dans la littérature scientifique. Dans 60% des cas, elles sont dues à une morsure de chien ou de chat, dans 30% elles sont consécutives à un léchage sur une lésion cutanée et dans 10%, leur origine est inconnue. «Ces infections graves se développent préférentiellement (60 % des cas) chez des patients immunodéprimés, notamment après splénectomie (ablation de la rate, NDLR), mais aussi en cas de cirrhose, d’éthylisme chronique, de prise de corticoïdes ou autres situations favorisant l’immunodépression», indiquent des médecins du CHU de Brest dans un article publié en avril dans la Revue de médecine interne. Mais dans 30 à 40% des cas, «aucun stigmate de défaillance immunitaire n’est retrouvé», précisent-ils. Un traitement antibiotique, s’il est pris à temps, est efficace dans la plupart des cas.

En France, trois décès dus à une infection par Capnocytophaga canimorsus sont survenus entre février 2017 et avril 2018. «Nous rappelons que ce diagnostic rare et difficile est à envisager chez tout patient ayant un syndrome infectieux sévère et brutal, notamment en cas de contact récent avec un chien ou un chat», soulignent les médecins brestois. En sachant cela, vous ne regarderez plus vos animaux du même œil.

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Khadim FALL

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