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Ethiopie : Le président de la région Somali démissionne sous la « contrainte »

C’est un événement politique majeur de plus en Ethiopie : la démission du président de la région Somali, dans l’après-midi du lundi 6 août. Une démission contrainte pour Abdi Mahamoud Omar dit Abdi Iley, après plusieurs jours de tensions avec le gouvernement fédéral à Addis-Abeba. L’armée était même intervenue plusieurs fois dans la capitale de la région, Djidjiga, officiellement pour mettre fin aux exactions de la milice locale somali. Un cycle de violences qui a fait plusieurs morts.

Difficile de donner un bilan chiffré précis, car les autorités ne communiquent pas. Des sources font état d’une vingtaine de victimes. A Djidjiga, plusieurs églises chrétiennes orthodoxes ont été incendiées et des prêtres ont été tués, selon le patriarche Mathias.

Des témoins accusent la Liyu police, la police spéciale en amharique, une unité créée il y a une dizaine d’années officiellement pour contrer la présence des islamistes shebabs et des rebelles indépendantistes. Cette milice est aussi accusée de mener des actions violentes contre les habitants de la région Somali d’Ethiopie et contre les Oromos voisins.

Ce week-end du samedi 4 au dimanche 5 août, certains habitants oromos de la zone ont agi en représailles. Ils ont attaqué des Somalis dans la grande ville de Dire Dawa. Il y a eu des morts. Le maire de Dire Dawa a appelé en renfort l’armée et la police fédérales. Ce sont ces deux forces qui contrôlent désormais Djidjiga, la capitale de la région Somali.

Il semble y avoir eu un accord entre le désormais ex-président Abdi Iley et les autorités fédérales. D’après Rfi, Elles lui ont forcé la main. Le ministre de la Communication dénonce la « campagne honteuse » de dirigeants clamant qu’ils préféraient « mourir que démissionner ». Selon lui, l’exécutif régional était même prêt à faire sécession. Une possibilité offerte par la Constitution fédérale éthiopienne.

Selon le chercheur René Lefort, ce qui se joue en ce moment à l’est de l’Ethiopie est aussi une bataille idéologique. Car l’Ethiopie est un Etat fédéral depuis 23 ans. Il n’est que partiellement appliqué. Et selon le politologue français, certains voudraient aller plus loin dans le fédéralisme quand d’autres voient au contraire d’un bon œil un Etat centralisateur où tout se joue depuis Addis-Abeba.

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Mame Khary Leye

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