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UPEC : Les mouvements sociaux font une réflexion introspective et prospective sur eux

Les mouvements citoyens ont élevé la voix ce 24 juillet 2018. L’université populaire de l’engagement citoyen (UPEC) organise depuis ce lundi 23 juillet, la première édition qui a pour thème « Mouvements citoyens : Citoyenneté et droit de décider ». Une sorte de rassemblement de mouvements sociaux de quelques pays d’Afrique dans un cadre de rencontre et d’échanges pour mener une réflexion introspective et prospective sur les mouvements citoyens et renforcer le réseau panafricain pour susciter un éveil mondial citoyen.

La place du souvenir a été le théâtre de cette manifestation ce mardi 24 juillet. Y’en a marre du Sénégal, Lucha du Congo, Filimbi de la RDC, Iyina du Tchad, Wake-up de Madagascar entre autres mouvements, ont rivalisé d’arguments sur plusieurs questions.

 « Les plus grands changements dans le monde ont été influencés par des soulèvements de mouvements sociaux. La chute du Président Jacob Zuma de l’Afrique du Sud en est une preuve récente, » dit-Fadel Barro de « Y’en a marre ». D’où pour eux, l’importance de pareils mouvements dans un pays.

Dans l’optique d’un changement global, l’Etat d’Esprit est le premier point soulevé par Murielle Ndja du Congo.  Illustrant la célèbre pensée d’Emmet Fox selon laquelle : « La plus grande découverte de l’humanité c’est que tout homme peut changer sa vie en changeant son Etat d’esprit. » Les jeunes révolutionnaires conçoivent un nouvel état d’esprit dans un nouveau type d’africain. « Il y a énormément de choses que l’on doit changer, dit-Murielle. La plus importante pour moi, c’est le statut des femmes dans la sphère politique. Nous ne fustigeons pas toutes les nations. Mais il y’a encore des efforts à faire dans ce sens, dans certains pays » plaide-t-elle.

La Lucha a fait un crochet sur les mouvements sociaux qui se transforment en mouvement politique. « Il n’est pas intéressant de voir une représentation du peuple se muer en mouvement politique, tonne-Faniry, représentante du mouvement wake-up de Madagascar. « Mais, nous devons reconnaître que la transhumance d’un représentant d’un mouvement social vers celui d’un politique est monnaie-courante, poursuit-elle. Et cela n’a rien de blâmant, si c’est pour la bonne cause » dit-elle.

La mobilisation pose un souci aux représentants. D’après Diatou Sanogo du Mali, les mouvements sociaux ne drainent pas beaucoup de monde. « Il faudrait mobiliser la population sur des questions qui les intéressent, renchérit-Sandrine du Tchad. On peut passer par plusieurs voies, comme les dons de sang, organiser des actions nettoyage afin d’attirer la communauté pour ainsi avoir une occasion d’ouvrir des échanges avec eux, » soumet-elle. Ce n’est qu’avec une bonne stratégie qu’ils pourront comprendre et nous rejoindre en masse. »

Fournir des cours sur les mouvements citoyens, l’histoire et la sociologie des luttes afin de permettre aux acteurs de mieux s’organiser et construire des mouvements pérennes est aussi inclut dans leur programme.

Une voix s’est élevée soudain, annonçant la fin de la rencontre. Puis des chants pour l’unité de l’Afrique ont été entonnés faisant danser les représentants du monde du mouvement social visiblement en allégresse.

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Mame Khary Leye

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