A LA UNE Actualité Education Matam societe

Portrait – Baccalauréat 2018 : A la découverte d’Abdoulaye Ba, le génie de Thilogne

Thierno Baye DIÈNE, correspondant à Matam.
L’éclaircie, dans ce baccalauréat session juillet 2018, est venue du lycée de Thilogne, dans la région de Matam, certainement une zone où elle était le moins scrutée. En effet, c’est au bout des 700km qui l’éloignent de Dakar, la capitale que le génie Abdoulaye Ba va brandir son sésame qui va illuminer le Sénégal du Nord au Sud, d’Est à Ouest. Le BAC S2 est décroché avec la mention TRES BIEN. Une prouesse d’autant plus herculéenne qu’elle a été réalisée dans une année scolaire fortement perturbée par la très longue grève des enseignants. Ce petit bonhomme né le 25 décembre à Thilogne a clairement survolé les épreuves avec une facilité assez déconcertante. Il a obtenu 18 en Mathématiques, 18 en Sciences Physiques et 18 en SVT en ayant la ferme conviction qu’il pouvait faire mieux « en Sciences Physiques notamment, je pouvais faire mieux puisque dans les évaluations en classe, j’avais des 20/20, ma plus faible note était 18.» avoue-t-il.
Ces résultats n’étonnent guère son professeur de PC, M. Wade « Abdoulaye Ba est un génie tout simplement. Tous les exercices que les élèves vont trouver difficiles, lui il les résout avec beaucoup d’aisance. Il a une intelligence très largement au-dessus de la moyenne, j’ai rarement vu ça chez un élève. »
A l’opposé de ses résultats clinquants, Abdoulaye Ba est un garçon très réservé dans la vie. Fils d’un père émigré, il a su tisser une extrême relation avec sa mère à qui d’ailleurs il dédie son succès en premier « c’est elle qui me réveille chaque matin vers 06h et fait tout pour que je mange avant d’aller à l’école ». « Mon père m’a aussi beaucoup soutenu, puisqu’il m’envoyait régulièrement de l’argent pour mes petits besoins. ». Dans la famille des Ba, l’apprentissage du coran est un passage obligé pour tout le monde. Ses oncles paternels sont de grands érudits du texte sacré et réputés pour être des personnes très versées dans la pratique religieuse. En bon Hal pulaar, Abdoulaye raffole du « Hako », couscous à base de feuille de haricot et n’est pas contre la polygamie. Mais que les jeunes s’arment de patience, car Abdoulaye n’a pour le moment pas la tête au mariage ; il veut prendre le temps d’aller encore plus haut.
Deux filières attirent particulièrement le virtuose du lycée Thierno Hamet Baba Talla, il s’agit de la médecine et l’ingénierie. Il espère bénéficier de la bourse de l’excellence pour aller poursuivre ses études dans de hautes écoles à l’étranger et revenir auréolé de diplômes afin de mieux servir son pays qui lui a tout donné.

A propos de l'auteur

Daouda SOW

Laisser un commentaire

Close