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Mauritanie : Deux militants du mouvement anti-esclavage se disent victimes de mauvais traitements en prison

Deux militants du mouvement anti-esclavage IRA, libérés vendredi 13 juillet après deux ans d’emprisonnement, affirment dans la presse avoir été détenus dans des conditions inhumaines et torturés à Nouakchott avant leur transfert vers la prison de Bir Mogreine, dans l’extrême nord du pays. Ils avaient été arrêtés et jugés en 2016 pour avoir tenté d’empêcher la police d’exécuter un arrêté d’évacuation par la force des sans-abris harratines, ou descendants d’esclaves, qui squattaient une zone résidentielle au nord de Nouakchott.

Les anciens détenus du mouvement IRA à Bir Mogreine, affirment avoir été déportés dans une zone aride et hostile, à « quelques kilomètres de Tindouf en Algérie, quarante kilomètres du Sahara la frontière et quelques kilomètres du Mali, » comme le rappelle Abdelllahi Matalla Saleck. « Une zone très dangereuse, minée, en pleine brousse, » décrit le militant, « une prison militaire et pas une prison civile. »

Moussa Bilal Biram, le deuxième détenu, dévoile les mauvais traitements infligés dans les centres secrets d’interrogatoire à Nouakchott. « Ils nous ont bandé les yeux, on voyait rien, en me disant : C’est toi qui a incendié les voitures de la police. C’est tout ce qu’ils cherchaient. On m’a braqué une caméra, on m’a dit on te donne le signe, tu parles. J’ai refusé, c’est pour cela qu’on m’a beaucoup torturé, » raconte-t-il.

Moussa Bilal Biram détaille : « Ils nous mettent des menottes sur les bras, des chaînes sur les pieds et ils nous mettent sur le plafond. Ils tapent nos pieds jusqu’à ce que ça gonfle. »

Poursuivre le combat

L’ancien prisonnier entend à présent continuer de lutter « contre l’esclavage, contre le racisme, contre tout ce qui touche aux droits humains. »

Face aux accusations de traitements dégradants, d’après RFI, une mission du mécanisme mauritanien de prévention de la torture s’était rendue à Bir Mogreine en 2017. Elle n’a pas constaté de violations des droits des pensionnaires de la prison.

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Mame Khary Leye

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