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Élimination du Sénégal au Mondial 2018 : Les clients et le prix des maillots ont baissé, mais la vente se poursuit petit à petit

Étonnant la situation du business des maillots du Sénégal à Dakar. Avec la déception qu’a engendré l’élimination de l’équipe, beaucoup s’attendaient à un « boycott » des maillots du Sénégal. Cette pensée est justifiée par la manière de supporter des sénégalais, jugée assez dérisoire, assez spéciale.

Ce que confirme Wagane Diouf, vendeur de serviettes au marché Tilène de la Médina. « J’ai acheté un maillot original à 10 000 francs, lors du premier match du Sénégal. J’avais promis à mon cousin de lui en prendre un, il était aux anges. Et maintenant, c’est lui qui n’en veut plus, » dit-Wagane, le traitant au passage de mauvais supporter.

A la recherche de vendeurs de ces trésors pouvant éclairer notre lanterne, la chaleur nous brise, ne laissant personne indifférent, au point que commerçants comme acheteurs, mobilistes comme piétons se précipitent chez les vendeurs de sachets d’eau, d’éventails.

Pour trouver ces fameux maillots, il a pourtant fallu longer le trottoir, dépasser des magasins et autres places. Seuls quelques trois à quatre maillots sont aperçus, accrochés à l’entrée des boutiques de vente.

Ibrahima Bousso est le premier vendeur de ces trésors tant prisés par la gente féminine, lors du bref passage du Sénégal à la Coupe du monde. Dis donc vous vous faites rare, leur-dit-on. « Non, dit-il en y insistant, nous sommes là, les affaires se portent bien. En dépit de ce que peuvent en penser certains, les sénégalais achètent toujours les maillots. C’est leur pays, tente-t-il d’expliquer. Ils sont toujours d’ici. » C’est quand la dernière fois que vous avez vendu un maillot, lui-demandons-t-on. « Venez voir, nous-répond-il, en nous faisant entrer dans l’arrière boutique. J’ai vendu tout mon stock. Ce dimanche 1er juillet, j’ai vendu à hauteur de sept maillots. Il m’a fallu, tôt ce matin, aller en chercher d’autres afin de satisfaire les futures clients, » affirme-t-il. Donc le Sénégal éliminé de la danse n’est en rien un frein à l’écoulement des maillots, d’après Wagane Faye. Toutefois, il confie avoir baissé ses prix. « Les originaux, je les vendait à 10 000 voire 12 000 francs l’unité. Maintenant, je les fixe à 7 000 ou 8 000 francs CFA. Tout dépend du talent de marchandage du client. », lâche-t-il. Cette dernière phrase fait tourner la tête d’une dame qui passait et lui arrache un petit sourire.

Il est 12h 39mn, nous sortons de la boutique de Wagane Faye, sous ce soleil qui ferait rebrousser chemin à son plus grand fan. Ngagne Kane s’est rempli les poches grâce à la Coupe du monde. A la base vendeur de lunettes, il s’était reconverti en celui de maillots et autres accessoires le temps d’une rose. Aujourd’hui, il reprend son activité d’antan. « Les maillots se vendent toujours oui, mais pas comme avant, précise-t-il en portant un léger coup de chiffon à ses précieuses lunettes. « La participation, même brève du Sénégal à cette compétition universelle nous a été bénéfique, poursuit-il. Il est vrai que les maillots se vendaient plus lorsque les lions rugissait toujours, mais ne vous fourvoyez pas, nous-demande-t-il, y’a toujours des intéressés, même si ce n’est plus le grand rush, regrette-t-il.

La boutique de Khadam Wade, à quelques foulées de jambes, tape à l’œil du fait de son exposition de maillot, bien en vue. L’on a eu du mal à le trouver puisqu’il est caché derrière son comptoir, une télécommande en main. Lui aussi confirme la thèse de ces confrères. « Personnellement, je n’ai pas baissé les prix de ma marchandise. Je les ai acheté très cher, je ne peux pas me permettre ce luxe. Ceux qui le vendent à des miettes font du sabotage, » tonne-t-il. Tout comme Ibrahima Bousso, Khadam dit avoir vendu ses maillots pas plus tard que ce dimanche 1er juillet, même si pour aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas. « Un commerçant ne doit pas être impatient, relève-t-il. Les maillots se vendront tôt ou tard. Déjà, il faut viser la Coupe d’Afrique qui approche, tout le monde  en voudra. Même si je dois attendre un an de plus pour les vendre je le ferai, je ne les bazarderai pas pour ensuite me retrouver avec des pertes, » dit-il.

En sortant de la boutique de Khadam, une jeune femme fait son entrée. Accompagnée d’un jeune homme, ils demandent le prix des maillots exposés. Aicha, elle s’appelle, affirme qu’elle n’en avait pas eu lorsque tout le monde se l’arrachait. « C’est presque à la mode maintenant, dit-elle sourire. « Il me faut un original maillot, assez mignon dans mon armoire, sinon ça le fait pas, » chante-t-elle. Son compagnon affirme profiter de la baisse des prix pour se le procurer et faire plaisir à ses frères.

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Mame Khary Leye

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