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BAC 2018 : A Dakar, des candidats ont souffert du « timing » pour l’épreuve d’anglais

BAC ! Rien que le mot fait frémir. L’on ne peut qu’imaginer l’angoisse, le stress que peuvent ressentir les candidats à cet examen. C’est juste à ce moment que l’on se rend réellement compte de la pression, du regard pesant de la société.

« C’est n’importe quoi, comment peut-on nous soumettre un si long texte, sur une si petite durée ». Entendre un commentaire pareil à l’entrée d’un centre, dit déjà tout.

Ce mardi 17 juillet, les candidats au Bac ont passé leur première épreuve, l’anglais. Au Lycée John Kennedy, le climat ne ressemble pas à celui des beaux jours. Tristesse, si ce n’était pas un centre, la main sur le feu, l’on jurerai que ces jeunes gens affrontent la douleur de la perte d’un être cher. « Mais c’est un malheur, » lâche Ismaila Mansour Ba.

La désolation se lit sur presque tous les visages. Ismaila Mansour n’a pas voulu en dire plus. Entouré de quelques camarades, tous réticents à l’idée de parler de leur première épreuve. L’un deux, voulant être un peu plus clair nous jette un regard noir puis dit sur un ton calme, poli mais ferme : « Excusez-nous madame, nous ne sommes pas d’humeur. »

Cela n’a pas de mal, au vu de leur attitude placide, silencieux. Car en ce moment, beaucoup réalisent la portée de l’examen qu’ils passent. La peur de l’échec les hante. Les candidats ont l’habitude de faire des commentaires au sortir de chaque épreuve. Une manie qui en fâche ou en irrite plus d’un. Les garçons ne voulant n’y se prononcer, ni donner leur nom, nous nous tournons vers les filles, perceptiblement plus braves. Formant des groupes, leur anxiété est palpable, mais elles sont plus à même de parler. Peut-être est-ce-par solidarité, féminine. « Comment avez-vous trouvé l’anglais ? leur-posons-nous. « C’était abordable, dit-l’une d’elle. « Abordable? crie-les autres, toutes en chœur. « Non c’était pas abordable du tout, dit-Fatou Sow. « C’était juste pas possible, » enchaîne Khady Nar Touré. « Vous pouvez faire le tour du centre ou des écoles, très peu, très très peu, insiste-t-elle, vous diront le contraire. S’ils sont honnêtes, » dit-elle en levant l’index. « Ils nous ont donné un texte sur l’immigration, dit-Mame Codou. Il était très long. Mais notre principal problème, à nous tous, c’était le manque de temps. Trois heures de temps, ça le fait pas. Ceux qui ont achevé leur travail, on peut les compter, dit-elle, comme lasse, les épaules tombantes.

Très stressés, sont ces candidats. A l’heure où ces lignes sont écrits, ils passent leur deuxième épreuve de la journée. Ils espèrent que l’histoire et la géographie seront plus abordables.

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Mame Khary Leye

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