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Veille de la Korité : La fièvre de l’euphorie s’empare du marché Tilène, l’offre et la demande en équilibre

Dernière minute. Les sénégalais ont un défaut avec le temps. Ce sont de grands retardataires. N’est-ce-pas ce que l’on entend souvent ?

A cette veille de la fête de clôture du Ramadan, les femmes viennent confirmer cette assertion. Elles ont pris d’assaut les marchés, particulièrement celui de Tilène, à la Médina. Il regorge de monde. Y pénétrer requiert un vrai travail de titan. « Hey tu es aveugle, tu viens de me marcher sur les pieds, et tu fais mine de n’avoir rien senti, » crie-une jeune femme, vêtue à la maure. Serait-ce si grave ou, surprenant, considérant la foule offrant un authentique spectacle d’un serré va et vient.

Durant les derniers jours qui ont précédé la fête de la Korité, les marchés de la capitale offraient un spectacle digne d’un carnaval. Au grand bonheur des vendeurs et peut-être même des clients.

Il est 10 heures au marché Tilène. Les vendeurs étalent leurs marchandises sur la chaussée. Certains versent leurs ballots de tissus sur les trottoirs, à même le sol, d’autres choisissent de déambuler avec leurs articles. Et le tout, dans un vacarme total.

Pas une boutique n’est dépourvue de clients. Vers les magasins des grossistes,  une foule de femmes forme un cercle autour des vendeurs de tissus qui chantent, dansent, face à leurs étals installés dans le désordre. Apparemment, il y’a toujours une baisse de prix à la veille des fêtes.

Aujourd’hui nous nous intéressons plus aux choses indispensables à la préparation des mets pour la Korité. Bien entendu l’éternel poulet sera roi mais ses accompagnants apportent un plus et ne sauraient manquer. Entre autres, oignons, pomme de terre, et autres condiments, ne tarissent sur les étals et grossistes.

Elles ne se dénombrent pas au compte-goutte celles qui préfèrent acheter la moitié du sac d’oignons. « C’est plus pratique et plus économe, à mon avis, » tient-elle à préciser. « Nous dépensons beaucoup durant ces fêtes, » pose Lissoum, le geste accompagnant la parole. « Et donc comme il est certain que nous serons à un moment ou à un autre, à court d’argent, il est préférable de tout calculer à l’avance afin de s’organiser, » dit-la jeune dame, pressée par sa petite fille. « La famille pourra tenir jusqu’à la fin du mois de cette façon, elle a raison, » confirme cette autre cliente.

Leurs avis sur l’accessibilité des produits divergent.

En cette période de fête, bien sûr les esprits sont tournés vers le pouvoir de satisfaction de la demande sur l’offre et sur le prix. Cheikh Alassane Barry, commerçant de son état parle d’un juste équilibre entre l’offre et la demande. « Les produits alimentaires ne sont pas en déficit, confirme-t-il. Personnellement, je pense que les tarifs sont abordables malgré ce que peuvent en penser certaines. Voyez-vous les femmes sont difficiles à satisfaire. Elles trouveront toujours quelque chose à redire sur les prix et adorent se prêter au jeu du marchandage, dit-il partant d’un grand rire, comme pour répondre aux dames marchandant à grand bruit avec son fils qui le seconde dans sa boutique.

« Pour ma part dit-Madina Keita, il est clair que c’est assez inaccessible. Il ne serait pas de refus s’ils pouvaient revoir à la baisse tous les condiments, poursuit-la dame. Pomme de terre, en passant par l’oignons, et autres condiments, comme le poivron par exemple, devraient être revus à la baisse pour que tous y voient leurs comptes, » plaide-t-elle.

Ndoumbé Mané, se faisant aider par un jeune porteur à remballer ses achats dans l’arrière de sa voiture pense que les prix des denrées sont acceptables.

Les pommes de terre surgelés sont les chouchous des femmes, celles que l’on surnomment particulièrement ‘femmes 2.0’. « Ah non, il n’y a pas que nous hein, se défend-l’une d’elles. « Beaucoup de femmes au foyer optent aussi pour les sachets de pommes de terre surgelés, dit Mame Fary Ismaila Fall. « C’est simple, pratique et nous fait gagner un temps fou, » dit-elle sourire, les mains en l’air, signe de contentement.

Sérieusement, si cela n’est pas être femme 2.0. « Cela nous fait gagner du temps », digne d’une réponse d’une femme de ce lot. Qui disait qu’elles ne marchaient pas au rythme de leur temps ces femmes déjà ?

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Mame Khary Leye

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