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Saint Louis – Marché Korité : Les prix homologués des ingrédients de la fête maintenus par les commerçants

Adama SENE, Saint-Louis.
Malgré les rigueurs du Ramadan, le grand marché de Sor grouille de monde et les trottoirs de l’avenue général De gaulle anarchiquement occupés par les marchands ambulants. C’est l’effervescence dans les différents marchés de la vieille cité, à 48 voire 72 heures de la fête de la Korité. Une occasion pour les vendeurs de volaille, de chaussures et les commerçants de denrées alimentaires de réaliser de bonnes affaires, même si les prix des légumes n’ont pas encore connu de hausse.
Au marché de la volaille et des céréales, il faut user de la force pour se frayer un passage. Trouvé debout devant son poulailler plein de poulets, Saer Mbaye, dément la rumeur de rupture de poulets annoncée sur le marché et affiche un grand sourire. « Il y a suffisamment de poulets dans le marché à des prix raisonnables. A 48 voire 72 heures de la Korité, la volaille s’écoule très bien. Si le rythme d’écoulement est maintenu, nous réaliserons à coup sûr de bons chiffres d’affaires » s’est-il félicité. Une satisfaction que partagent certaines clientes rencontrées dans ce coin du marché. Pour elles, les commerçants n’ont pas encore augmenté les prix de denrées comme la pomme de terre, l’oignon, les autres légumes et produits liés à la fête de la Korité. « Les sénégalais ont l’habitude de flamber les prix à la veille des fêtes. Parce que les clients sont obligés d’acheter pour passer une bonne fête avec leurs familles. Cette année, sincèrement le marché est bien approvisionné en poulet, mil, pain de singe, en pâte d’arachide, légumes et autres produits, mais aucune hausse n’est notée.

Nous croisons les doigts et demandons aux services compétents de rester vigilants parce qu’avec les commerçants sénégalais, on est sûr de rien » a soutenu une cliente. Sur l’avenue De Gaulle aux alentours du marché de Tédjiguéne, c’est un autre décor qu’on trouve. Sono mise à fond, battement de tam-tam ou de bol, chants avec des mégaphones, chaque vendeur utilise ses artifices pour attirer les clients vers lui. Dans cette cacophonie, parfois il faut même crier pour se faire entendre ou encore pour marchander. Les rangées de tables de fortune, placées tout au long de la route pour servir d’étals aux revendeurs ont fini d’exposer les piétons, obligés de disputer la chaussée avec les véhicules. D’ailleurs pour se frayer un passage, les chauffeurs n’hésitent pas à appuyer frontalement sur les klaxons. Ce qui laisse souvent de marbre les clients et les vendeurs dans leurs marchandages. Habillé en grand bouffant noir et en tee-shirt jaune, des tas de tissus de rideaux et de draps exposés devant lui, un commerçant, la quarantaine bien sonnée danse en vantant avec un portevoix la qualité et les prix imbattables de ses marchandises. Interrogé sur les affaires de la Korité, le marchand de tissu, de signaler que le marché grouille de monde mais la vente tourne au ralenti. « Il y a de beaux tissus et les prix ne sont pas chers. Mais les clients ne se bousculent pas pour acheter. Peut-être ils n’ont pas d’argent, car la fête a coïncidé avec le milieu du mois. En bon musulman, on ne se décourage pas, on attend la veille de la fête pour voir » a-t-il argumenté. La situation est quasi similaire dans les ateliers de tailleurs du marché de Ndar-Toute.

A en croire Maodo Nguer, les tailleurs n’ont pas réalisé de bonnes affaires pour la Korité. « Pour cette année, il y a peu de clients. On n’a pas affiché le plein comme lors des années précédentes. Les quelques rares clients qui ont amené leur tissu, tardent toujours à venir les récupérer. Alors que nous avons des dépenses à donner à nos familles » s’est peiné Maodo.

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Daouda SOW

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